jeudi 23 mars 2017

TUNNEL



Drame/Thriller/Un film intéressant dans le traitement de son sujet au travers du prisme culturel, une bonne découverte !

Réalisé par Kim Seong-hun
Avec Ha Jung-Woo, Doona Bae, Dal-Su Oh...

Long-métrage Sud-coréen
Titre original : Teo-neol
Durée: 02h06mn
Année de production: 2016
Distributeur: Version Originale/Condor 

Date de sortie sur les écrans américains : 10 août 2016
Date de sortie sur nos écrans : 3 mai 2017


Résumé : Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ?

Bande annonce (VOSTFR)


TUNNEL de KIM Seong-hun - En salles le 03.05.2017 from V.O. on Vimeo.

Ce que j'en ai penséTUNNEL s'inspire de la nouvelle éponyme de SO Jae-won. Le réalisateur, KIM Seong-hun, nous invite à assister à une catastrophe immense et à ses conséquences à l'échelle individuelle et nationale. 

Le réalisteur KIM Seong-hun
J'ai trouvé ce traitement intéressant, car il permet d'explorer des points de vue différents. Ce film est très influencé par la culture sud-coréenne. Il n'aurait pas été raconté avec la même sensibilité et les mêmes touches d'humour dans un autre pays. Le réalisateur ne cache pas les faiblesses du système politique et administratif dans son histoire. Les scènes liées à l'effondrement du tunnel sont spectaculaires. Les moments vécus par le protagoniste central, Jung-soo, interprété par Ha Jung-Woo, sont anxiogènes et parfois proche de la claustrophobie. Elles sont crédibles et on ne peut s'empêcher de ressentir de l'empathie pour lui, ainsi que pour sa femme, Se-hyun, interprétée par Doona Bae, qui vit l'événement de l'extérieur. Il n'y a pas de surenchère dans l'émotion et pourtant, elle est intense lors de plusieurs moments clefs. 




Entre ces deux protagonistes liés par leur amour, un sauveteur, Dae-kyoung, interprété par Dal-Su Oh, va tout tenter pour sauver Jung-soo. Il apporte le regard des équipes de sauvetage qui doivent gérer leur travail, les journalistes et leur soif de sensationnel, ainsi que les décisions politiques menées par l'argent et les statistiques. 


Quelques ressorts scénaristiques sont prévisibles, mais, encore une fois, l'approche culturelle dans la gestion de cette catastrophe apporte à ce long-métrage une originalité bienvenue.
TUNNEL est un film qui traite son sujet de manière efficace et intéressante, tout en se concentrant sur des points de vue qui font avancer l'intrigue. C'est un film à découvrir.


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

En évitant les écueils habituels, « TUNNEL » rejette les conventions du film catastrophe.

Contrairement aux films catastrophe  qui supposent une accumulation  de  désastres plus impressionnants  les  uns  que  les  autres,  « TUNNEL »   suit  une  direction  unique. Jung - soo,  vendeur  de  voitures ,  est  en  route  pour  son  domicile  après  une  journée  de  travail ,   rapportant  un gâteau  d'anniversaire pour sa fille lorsqu’il se retrouve  emprisonné sous un  tunnel. Le  réalisateur KIM Seong-hun précise, « la valeur d'une vie  humaine ne  peut  pas être   mesurée  quantitativement ,  cela  n’a  pas   de   sens  de   distinguer un grand ou un petit nombre de victimes. Au  contraire, j'ai pensé qu'une personne ayant  seule  survécu  par  elle - même  à  une  catastrophe  terrible doit  ressentir beaucoup plus de solitude et de peur . »

En  outre, dans  ce  genre  de  film , les  personnages héroïques feraient n'importe quoi pour  protéger  leurs proches. Mais dans  « TUNNEL », Jung-soo ne  peut  rien  faire. Juste suivre  les  instructions  de  l'équipe  de  secours et attendre. Sa mission la plus difficile est  celle de survivre, ne pas désespérer et ne pas perdre espoir en attendant d’être secouru.

Les  films catastrophe portent souvent une attention particulière aux efforts du héros pour surmonter  la catastrophe et s’en sortir vivant. Mais la situation dans  « TUNNEL » est toute autre. Le film dépeint simultanément les deux situations intérieure et extérieure du tunnel, et la distance qui se développe au fur et à mesure entre Jung-soo et le dehors. Après l’échec de l’équipe de secours, tout  est mis à l’arrêt, et les gens deviennent farouchement   égoïste s . Alors  que Jung-soo attend patiemment  tant  bien  que  mal  l’arrivée des sauveteurs, à l’extérieur la fatigue et le désespoir commencent à se faire sentir en l'absence du moindre progrès. Un conflit se fait peu à peu jour autour de l’équipe de  secours et des moyens mis en  œuvre pour venir en aide à cet homme. Echo de notre société, « TUNNEL » rappelle ainsi à chacun la valeur de la vie humaine et offre une  réflexion sur la réalité de notre ère.

Un casting réunissant de grands acteurs coréens contemporains.

HA Jung-woo interprète de la manière la plus réaliste possible Jung-soo, un homme ordinaire qui lutte pour survivre et retourner auprès de sa famille. A fin d'exprimer le choc de se  retrouver  soudain enterré sous  un  tunnel, HA Jung-woo  n’a été  soumis à aucune préparation, laissant ainsi place à un désespoir plus instinctif
Doona BAE, interprète avec détermination Se - yun,  la femme qui attend le retour sain et sauf de son  mari. Evitant la démonstration excessive, Doona BAE s’attache à l’état psychologique de cette  femme qui  affronte avec le plus grand calme le danger face auquel se trouve celui qu’elle aime. Oh Dal Su a, quant  à  lui, donné corps  à Dae - kyung, chef de  l’équipe de  secours qui fait tout ce qu’il  peut pour  sauver Jung - soo.  Plutôt  que de le décrire de façon héroïque comme souvent les  secouristes, le personnage joué par Oh Dal Su se distingue par sa capacité à partager les souffrances de la victime. L’image chaleureuse et amicale de Oh Dal Su ajoute ainsi beaucoup au rôle.

Les excès du développement de la Corée du Sud.

Le pays est aujourd'hui en tête du classement des pays de l'OCDE en termes de décès par accident. En effet, le rapide développement économique du pays de ces trente dernières années, au rythme du  « pali-pali »  (« plus vite, plus vite »), fut réalisé à marche forcée au détriment de la sécurité. La collusion entre  les  chaebols [conglomérats] et  les  bureaucrates  reste  un  problème  structurel  de  la  Corée  du  Sud , qui  a  contribué à la tragédie du Sewol. Au lendemain de ce naufrage ayant fait 304 victimes en avril 2014, le développement économique de la Corée du Sud est apparu comme inabouti.  
Fondé sur la vitesse et obsédé par la compétitivité,  il  aura  été  trop  négligeant  envers  les  vies  humaines, considérant trop longtemps les règles de sécurité comme des entraves.

Entretien avec KIM  Seong-hun

Pourquoi avoir choisi ce sujet pour votre nouveau film ?

Une  personne  ordinaire,  n’ayant  commis  aucune  faute,  se  retrouve  prise  au  piège  d’une  catastrophe provoquée par des erreurs de la société. Un film est un film, la réalité est la réalité, mais de nos jours  de  nombreux  incidents  ressemblent  davantage à des  films qu’à  la réalité.  À  vivre  dans  une  telle  société, je me suis naturellement intéressé à ce genre d’histoire. « TUNNEL » est, à l’origine, un roman.  J’étais fasciné par cette histoire qui  s’intéresse à  la survie d’un homme enseveli sous les décombres d’un tunnel qui s’est effondré, mais aussi au travail des équipes de sauvetage et ce qui se passe à l’extérieur, autour de ce  drame.  C’est  ce  qui  m’a  vraiment  plu  dans  ce  livre.  Nous  nous  sommes  rapidement  rendu  compte  des  contraintes  techniques  qu’engendrait  une telle histoire,  mais ce qui  m’a  motivé était la  façon  dont  je  pouvais  adapter un tel matériel à l’écran, en mélangeant à la fois du suspense,  de l’effroi et de l’émotion. C’est apparu  un peu comme un défi personnel.

Comment avez-vous trouvé votre tunnel ?

Durant la  préproduction, j’ai visité tous les tunnels du  pays. L’intrigue du film se passe dans un tunnel récemment  construit.  Il  était  difficile  d’en  trouver  un  vrai,  suffisamment  récent.  Nous  avions identifié plusieurs possibilités, et finalement notre choix s’est porté sur le tunnel Okcheon qui est condamné.  L’équipe  décoration s’est alors attelé à un gros chantier pour créer une nouvelle  route, une rambarde et des  fanions pour lui donner l’apparence d’un tunnel flambant neuf. Grâce à leurs efforts, nous avons été capables de créer l’image exacte du tunnel que j’imaginais.

En  réalisant  votre  film,  aviez-vous  en  tête  des  exemples  de  films ?  Quels étaient les  impératifs et les pièges à éviter ?

Oui  forcément,  on pense à tous ces films hollywoodiens à grand spectacle sur des catastrophes gigantesques.  C’est  divertissant,  mais  c’est  très  loin  de  ce  que  je  fais.  Je ne voulais pas me  focaliser sur le dés astre mais sur les conséquences du désastre.

Votre film n’est pas tant une satire des institutions, qu’un drame à hauteur d’homme...

Je m’intéressais surtout  aux  équipes  de  sauvetage  et  à  ce  qui  se  passe  autour  de  cette  catastrophe. Imaginez la situation : des moyens considérables sont mis en œuvre pour sauver un seul individu. Si vous changez l’équation et vous vous retrouvez avec un groupe de personnes enfouies sous les décombres, les institutions, les politiques ou les sauveteurs se conduiraient sûrement très différemment face à un tel drame. Malheureusement, dans ce film il n’y a qu’un survivant, et la question se pose sur la nécessité de déployer tous ces moyens pour le tirer d’affaire. 

C’est un cas de conscience passionnant à traiter. Je me suis concentré sur l’humain et ces groupes qui se tuent à la tâche et qui, à mesure que le temps passe dans la mission de sauvetage, perdent espoir et motivation. Je voulais éviter l’approche hollywoodienne, sa débauche de moyens et sa dramaturgie artificielle.

Était-ce une façon pour vous d’aborder la tragédie du ferry Sewol ?
« TUNNEL » fut tourné quand eut lieu cette terrible tragédie. On ne peut nier une certaine influence de ces événements, et je pense que de manière consciente et inconsciente, ils ont trouvé un certain écho dans l’histoire de mon film qui traite de l’importance d’une vie humaine.

À quoi avez-vous prêté le plus attention, pendant le tournage ?

Le rire fait partie de nos vies au même titre que le désespoir, la douleur ou la tristesse. J’ai donc tenu à inclure de la façon la plus naturelle possible de l’humour et des rires dans le film, bien que la survie d’un homme soit en jeu.

Pourquoi avoir choisi une mise en place aussi rapide ?

Il est vrai que dans les films catastrophe, on a tendance à s’attarder sur le développement des personnages qui vont se retrouver au cœur du sinistre avant le climax. Mon choix de montrer la catastrophe au bout des cinq premières minutes d’un film qui dure un peu plus de deux heures était intentionnel. Cela me permettait de me concentrer sur ce qui se passe après et sur l’évolution des personnages à la suite de ce drame.

Pour quelle raison avoir décidé de si peu caractériser votre personnage principal ? Au final, on ne sait rien de lui.

C’était voulu, cela me permettait de créer une identification plus facile de la part du spectateur. C’est Monsieur Tout Le Monde ! C’est un homme ordinaire qui se retrouve dans une situation critique. Cela sous - entend qu’une telle chose peut nous arriver à vous comme à moi.

Comment avez-vous fait pour rendre le sentiment de claustrophobie aussi prégnant ?

C’était simple pour moi. Afin de restituer le plus justement ce sentiment à l’écran, il fallait reconstituer la scène de l’accident à l’identique sur le plateau. Nous avions donc cette voiture encastrée sous un monceau de gravats. En raison du manque de place pour installer des caméras, nous avons mis quatre mini caméras dans la voiture, et l’acteur HA Jung-woo était comme son personnage coincé à l’étroit dans la carcasse du véhicule, et il pouvait jouer librement sans équipe technique autour de lui pour le filmer. J’ai prêté attention à placer la caméra de façon à ce que les acteurs ne la voient pas. Je voulais capter les émotions des acteurs. Dès que cela était possible je gardais la caméra hors du champ de vision des acteurs, ils ne voyaient ainsi que le tunnel effondré tout autour d’eux. J’aime à croire que cela les a aidés dans leur jeu. Il n’y avait aucune source lumineuse additionnelle, les scènes étaient éclairées aux moyens des lampes, les voyants de la voiture et la torche électrique du personnage principal. Nous aurions très bien pu en studio avoir des parties amovibles qui nous auraient permis de faire des plans larges et de montrer clairement la situation. Mais j’ai opté pour une approche plus immersive avec des scènes filmées en gros plans.

Le film repose en partie sur les talents de vos trois acteurs principaux. Comment les avez - vous dirigés ?

Pour le personnage principal Jung-soo, j’ai voulu par contraste prendre un acteur qui dégage une énergie très positive, une forme de fraîcheur juvénile. HA Jung-woo est une personne optimiste, très drôle . Il a cette capacité de jeu très minimaliste. Et je pense que dans un contexte de claustrophobie, c’était l’approche idéale. HA Jung-woo est de ces acteurs qui n’ont besoin d’aucune explication. Sa façon de jouer de son charisme naturel est te l l e que même dans les scènes les plus sombres et les plus effraya nt e s, il est capable de provoquer le rire et la sympathie des spectateurs pour son personnage.

Oh Dal-su incarne à la perfection ce chef de l’équipe de secours doté d’un sens aiguisé du devoir, prêt à tout mettre en œuvre pour secourir Jung-soo, et déterminé à sauver une personne qu’il ne connaît pas.

Concernant Se-hyun, le personnage de l’épouse , c ’est peut - être un rôle pour lequel on doit ressentir encore plus de peine que pour le prisonnier des décombres. Je ne voulais pas que cette femme dévoile ouvertement ses sentiments et sa détresse. Je ne voulais pas la montrer en train de pleurer à longueur de journée et se lamenter sur son propre sort. Je souhaitais qu’elle ait une certaine retenue dans ses émotions et qu’elle laisse transparaître malgré elle sa tristesse. Un tel rôle correspondait parfaitement aux talents de Doona BAE . Elle ne joue pas, elle n’essaie pas de montrer des émotions, quand elle interprète un personnage, elle l’incarne. El le ressent ses sentiments. C’est une qualité assez extraordinaire. Je me souviens encore de mon choc en voyant l’angoisse ardente qu’elle a su nous transmettre.

Était-ce intentionnel cette volonté de pudeur des sentiments ?

En effet je ne voulais pas jouer de l’exagération, et surtout pas avancer avant les spectateurs. Je voulais qu’ils ressentent les choses par eux - mêmes, et non pas les forcer. Concernant le couple interprété par HA Jung-woo et Doona BAE , ils sont déjà dans une situation très difficile, voire critique, qui leur fait ressentir de la peine et de la douleur. Je ne voulais pas grossir le trait de manière artificielle pour manipuler les spectateurs. C’était, il me semble, la bonne méthode.

Pour quelles raisons avez - vous mis en scène la presse traditionnelle mais sans évoquer l’utilisation des réseaux sociaux ?

Je voulais montrer le spectre des médias coréens. Les réseaux sociaux ont en effet une grande importance, mais dans ce que je souhaitais raconter, ce n’était pas primordial. Je pense que l’on pouvait se concentrer sur les médias classiques de la presse et de la télévision. J’avais filmé des scènes sur la réaction du peuple face à cette catastrophe, mais je les ai supprimées au montage. Et puis je les vois plus comme des spectateurs, comme vous, les spectateurs du film, cela me semblait donc plus intéressant de les suggérer par l’entremise de votre point de vue. 


Dans le film, il y a cette scène durant laquelle le personnage de Doona BAE reçoit un contrat stipulant l’arrêt des recherches et la reprise de travaux du Tunnel n°2. Et devant ce dilemme, elle interpelle l’officiel en lui demandant ce qu’il faudrait faire si son mari était encore en vie. J’ai eu des retours de spectateurs qui se sont sentis mal à ce moment, et c’est ce que je voulais. Dans la scène précédente, on pouvait lire sur la U ne d’un journal le résultat d’un sondage qui indiquait la volonté de l’opinion publique favorable à 65% à la reprise des travaux. C’est de cette façon que j’ai voulu la représenter dans le film.

Quel est pour vous, le message du film ?


« TUNNEL » est une histoire réaliste sur la vie humaine et le spectacle qu’elle peut offrir. C’est un film sur la vie. Pour moi, la vie humaine, chose la plus importante que nous ayons, est beaucoup trop dévalorisée de nos jours. J’espère qu’à travers le personnage de Jung-soo, piégé sous le tunnel, nous pouvons à nouveau nous interroger sur le sens de la vie humaine.

#Tunnel

mercredi 22 mars 2017

NEMESIS (SAM WAS HERE)


En VOD, DVD et Blu-ray dès le 6 avril 2017

Un film de Christophe Deroo



Bande annonce (VOSTFR)


Mon avis : ce film tourné en 12 jours avec un micro budget est, pour moi, un exploit remarquable. La maîtrise de l'ambiance est impressionnante. La montée en puissance de l'enfer vécu par Sam, le personnage principal interprété par Rusty Joiner, est instillée de façon pernicieuse dans l'esprit du spectateur. On ressent ce que Sam est en train de vivre. L'ensemble est stressant et, pour le coup, il y a ici une vraie volonté de faire un film de genre.





Le réalisateur, Christophe Deroo, veut entraîner le spectateur dans une autre dimension sans lui donner toutes les clefs, à lui de compléter la narration avec son imagination, ce qui bien sûr est beaucoup plus stressant si on se met à réfléchir aux implications de l'histoire racontée. C'est donc son but et il réussit parfaitement sa mission.

Christophe Deroo, le réalisateur du film
J'ai totalement adhéré à l'aspect cinématographique du film, par contre, en terme de goût, je préfère avoir plus d'explications, car je sens qu'il y a beaucoup d'idées dans ce long-métrage et j'ai une petite frustration en pensant que je dois passer à côté de pas mal d'entres elles. SAM WAS HERE ne laisse pas indifférent, c'est certainement le film qui m'a le plus interpellé lors du PIFFF en décembre dernier.

DVD
Jacquette DVD
Blu-Ray

 




La bande originale


 
#Nemesis
#SamWasHere

Autre post du blog lié à NEMESIS (SAM WAS HERE)

mardi 21 mars 2017

BABY BOSS


Animation/Comédie/Ce Baby Boss a tout pour plaire !

Réalisé par Tom McGrath
Avec les voix, en version originale, d'Alec Baldwin, Steve Buscemi, Jimmy Kimmel, Lisa Kudrow, Miles Christopher Bakshi, Tobey Maguire...
Avec les voix, en version française, de Stefan Godin, Timothé Vom Dorp, Vincent Ropion, Laurent Maurel, Sybile Tureau, Damien Witecka, Franck Gourlat, Simon Faliu...

Long-métrage Américain
Titre original : The Boss Baby 
Année de production: 2017
Distributeur: Twentieth Century Fox France 

Date de sortie sur les écrans américains : 31 mars 2017
Date de sortie sur nos écrans : 29 mars 2017


Résumé : Un bébé hors du commun qui porte un costume et adore les sushis va, avec l’aide de Tim, son frère de 7 ans, mettre en place une stratégie pour déjouer les plans terribles de la société ToutouCo.

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait - Le Meeting (VOSTFR)


Extrait - Déguisement (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséCe BABY BOSS a tout pour plaire. Il est mignon aussi bien dans sa thématique que dans ses personnages. Évidemment les bébés c'est craquant, mais ce qui est super ici, c'est que ce bébé se comporte comme un boss, avec un esprit de manager obsédé par sa mission, ce qui est drôle car décalé dans le contexte. 


Ce film d'animation est enlevé, il n'y a pas de longueurs. Au fond l'intrigue n'est pas très étoffée, mais l'enchaînement des événements est plein de trouvailles et très énergique. Et puis, la construction de la relation des deux frères est touchante. L'analyse de l'arrivée du petit frère qui prend de la place auprès des parents n'est vraiment pas mal vue. 





L'animation est hyper bien faite, on en oublie qu'on regarde un dessin animé. La personnalité insufflée par la voix d'Alec Baldwin à Baby Boss en version originale est extra, il fait un excellent travail sur les intonations.



BABY BOSS est un film d'animation familial, mais qui s'adresse à tout le monde. Les références au cinéma et aux séries n'échapperont pas aux adultes. L'humour fera rire petits et grands. La morale qui tourne autour de la famille et des relations entre frères ravira les parents. Très mignon et amusant, c'est un super divertissement qui met de bonne humeur.



NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Pour le réalisateur Tom McGrath, qu'on connaît surtout pour les trois superproductions de la saga MADAGASCAR, ainsi que pour les aventures du super-méchant MEGAMIND en 2010, BABY BOSS est une histoire très personnelle. Il se souvient à quel point le livre lui a parlé lorsqu'il est tombé dessus par hasard : "Le livre de Marla Frazee a beaucoup attiré mon attention. C'était un livre cartonné très charmant d'une trentaine de pages, et je ne savais pas du tout à quel point il était connu. Il m'a rappelé mon enfance, ma propre famille, et mon imagination s'est emballée à l'idée d'en faire un long-métrage".

            Benjamin d'une fratrie de deux garçons, Tom McGrath était en quelque sorte le Baby Boss au sein de sa propre famille et il s'est bien rendu compte du bouleversement que son arrivée avait provoqué. Le film est pour lui une lettre d'amour adressée à son grand frère. "Le scénariste Michael McCullers et moi-même avons tous les deux été immédiatement frappés par la métaphore au cœur du livre : les effets de l'irruption au sein d'une famille d'un nouveau-né qui prend toute la place dans la maison", explique Tom McGrath. "Enfants, mon frère et moi étions très proches, même si bien sûr on se disputait comme tous les frères. Mais en grandissant on devient aussi meilleurs amis. À mes yeux, le film est un hommage à mon frère. Il s'inspire de nos souvenirs d'enfance. On a situé l'histoire dans la banlieue d'une petite ville, dans un mélange des années 60, 70 et 80. Je pense que les parents vont ressentir une certaine nostalgie en voyant le film, parce qu'ils vont repérer des détails qui leur rappelleront leur enfance".

            En dehors de la dimension franchement comique du film, la productrice Ramsey Naito a également été touchée par sa sincérité et par le charme évident des personnages principaux. "L'histoire m'a rappelé ma propre vie. Mon aîné avait sept ans quand son petit frère est né, et il a ressenti une très grande jalousie à son égard, exactement comme Tim, le héros du film. L'histoire des deux frères m'a tout de suite parlé", raconte Ramsey Naito, qui compte à son palmarès BOB L'ÉPONGE : LE FILM, JIMMY NEUTRON : UN GARÇON GÉNIAL et SOUTH PARK : LE FILM. "Ce qui me plaît beaucoup, c'est qu'on rende hommage au rêve et à l'imagination des enfants".     
     
            Ramsey Naito souligne que ce qui constitue la particularité du film, c'est qu'il s'adresse à toute la famille et qu'il offre à chaque instant des rebondissements inattendus. "D'abord, on assiste à l'arrivée de Baby Boss, et l'on se rend compte que ce n'est pas un bébé comme les autres : il porte un costume et parle avec la voix d'Alec Baldwin", précise-t-elle. "Puis on ressent de la peine pour Tim qui a l'impression que ses parents ne vont plus l'aimer autant qu'avant. Mais très vite il découvre que son petit frère n'a rien d'ordinaire : on est alors embarqués dans l'histoire de la mission secrète menée par cet espion d'élite en couche-culotte, avant que Tim comprenne qu'il doit unir ses forces à celles de son frère pour sauver le monde".

            Ramsey Naito poursuit : "Bien que le film soit très drôle et divertissant, l'histoire résonne aussi sur le plan émotionnel. Si Baby Boss est d'abord source d'un grand bouleversement au sein de la famille, il finit par leur apprendre des leçons majeures sur ce qui compte vraiment dans la vie".

            Comme le livre de Marla Frazee ne s'attache qu'à Baby Boss et ses parents, Tom McGrath a ressenti le besoin de faire intervenir le personnage du grand frère. Son intention était que l'histoire soit racontée du point de vue d'un enfant qui vient d'avoir un petit frère, ajoutant ainsi à l'intrigue un élément universel fort intéressant : la rivalité au sein d'une fratrie. DreamWorks a fait appel au célèbre scénariste Michael McCullers (M. PEABODY ET SHERMAN, BABY MAMA, et la saga AUSTIN POWERS) afin qu'il contribue à peaufiner le scénario.

"J'ai quatre enfants, dont deux qui avaient trois et cinq ans à l'époque", raconte Michael McCullers. "Ce qui m'a tout de suite frappé, c'est la métaphore au cœur du livre : les effets de l'irruption au sein d'une famille d'un nouveau-né qui prend toute la place dans la maison. Tom et moi avons réfléchi ensemble à la façon d'envisager les origines de Baby Boss. Pour quelle entreprise travaille-t-il ? Quelle est sa mission ? Ça nous a donné l'occasion d'aborder le mythe de la naissance de façon extrêmement drôle".

            Michael McCullers rapporte que l'idée de raconter l'histoire du point de vue d'un petit garçon de sept ans inquiet a constitué une véritable révélation au cours du développement du projet. "C'est la principale source d'émotion", explique-t-il. "On s'est rendu compte que très peu de films pour enfants abordaient le sujet de l'inquiétude liée à l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur, et pourtant c'est l'un des éléments constitutifs de l'équilibre familial : partager l'amour des parents, surmonter l'inévitable sentiment de jalousie. D'une certaine façon, les parents vont se sentir tout aussi concernés par le film que les enfants, parce que chacun en a fait l'expérience au sein de sa propre famille d'une manière ou d'une autre, mis à part l'accoutrement de Baby Boss bien entendu".

Un hommage attendri aux dessins animés de notre enfance

            L'originalité du film tient principalement à son univers visuel. Comme dans la plupart des films d'animation DreamWorks, les auteurs souhaitaient privilégier un style adapté au sujet du film et à son intrigue. Ces dernières années, l'animation a fait beaucoup de progrès, au point de se rapprocher du cinéma en prises de vue réelles avec un réalisme sidérant. En ce qui concerne BABY BOSS, Tom McGrath et son équipe ont voulu créer un monde imaginaire qui invite les spectateurs à plonger dans un univers artistique que seule l'animation pouvait concevoir, et qui rappelle le monde élastique et cartoonesque des grands classiques du dessin animé.

            "Toute mon enfance, j'ai regardé les dessins animés de Chuck Jones et Bob Clampett", se souvient Tom McGrath. "Le film m'a donné l'occasion de revenir à la magie de ce qu'on parvenait alors à réaliser en 2D, mais en allant bien plus loin grâce à la technologie actuelle. On voulait donner aux personnages un aspect à la fois élastique et charnu qui les rende très expressifs, ce que l'on n'était pas capables de faire avant. Notre univers est très différent du graphisme 2D un peu brut qu'on voit à la télévision à l'heure actuelle".

            David James, le chef-décorateur, qui a travaillé sur de nombreuses productions DreamWorks telles que MONSTRES CONTRE ALIENS, MEGAMIND et M. PEABODY ET SHERMAN, rapporte que l'équipe artistique a voulu rendre hommage aux dessins animés chéris de leur enfance. "Nous sommes tous de grands fans de Chuck Jones et de Maurice Noble, et l'on admire beaucoup le savoir-faire de ces courts-métrages de l'âge d'or du dessin animé", raconte David James. "Par exemple, LA BELLE ET LE CLOCHARD (1955) dégageait un charme et une nostalgie qui rappelaient l'esthétique de la période victorienne. On a voulu faire la même chose, mais en situant notre film dans un passé plus récent".

            David James révèle aussi que le film est rempli de détails saugrenus tirés de l'histoire personnelle des artistes. "Lorsque Tom m'a parlé de son idée pour le film, j'ai beaucoup aimé le concept d'une histoire racontée du point de vue d'un personnage qui fait une expérience quasi-universelle : la terrible injustice qui règne au sein des fratries !", plaisante James. "En tant que chef-décorateur, c'est très stimulant de travailler avec une vue d'ensemble : ça permet de donner un sens à tous les éléments de décor quand on sait vers quoi on se dirige".

La voix parfaite pour Baby Boss

            Le pari le plus audacieux sur le plan comique est sans soute le choix d'Alec Baldwin dans le rôle de Baby Boss. L'acteur, qui s'est notamment illustré dans la série 30 ROCK, ainsi que dans les films LADY CHANCE et À LA POURSUITE D'OCTOBRE ROUGE, est absolument parfait dans le rôle du bébé en costume qui donne des ordres à tout le monde en hurlant, son attaché-case à la main.

            "Mon personnage travaille pour une entreprise du nom de Baby Corp : il est chargé d'aller espionner les familles afin de déterminer ce que veulent parents et enfants", détaille Alec Bladwin. "C'est un peu comme une étude de marché ou de l'espionnage industriel. Il se rend donc dans cette famille afin d'obtenir des informations. Le souci, c'est que c'est un bébé, mais un bébé visionnaire, dont le but est d'être le meilleur à l'image de ses mentors : le super méga bébé... ou encore le super méga giga bébé... et ainsi de suite ; comme dans tous les dessins animés, on joue sur ce genre de gags".

            Alec Baldwin fait remarquer que si l'idée centrale du film est farfelue et loufoque, le tout est exécuté avec beaucoup de finesse, d'esprit et d'imagination. "Tom McGrath et la productrice Ramsey Naito s'y prennent de manière très habile", dit-il. "C'est aussi un film plein de tendresse, et Baby Boss finit par être conquis par l'idée de faire partie de cette famille. De plus, il y a beaucoup de scènes d'action complètement folles, car dans un film d'animation on peut tout faire".

            L'acteur confie qu'il a lui-même connu au sein de sa propre famille cette jalousie de la part de l'aîné à la naissance de son fils : "Ma femme et moi avons une petite fille de trois ans, et jusqu'à la naissance de mon fils elle était traitée comme une princesse qui avait tout le monde à ses pieds. Et puis mon fils est né, le premier garçon, si bien que j'étais aux anges", reconnaît-il. "Elle avait deux ans à l'époque. Elle le regardait l'air de dire 'Ça ne va pas se passer comme ça, il faut qu'on trouve une solution'. Ma fille a donc dû apprendre petit à petit à accepter son petit frère. Quand elle a fini par lui faire un bisou on en a pleuré tellement on avait peur que ça n'arrive jamais".

Alex Baldwin raconte que dans le film Tim vit la même situation. "Il a ses parents rien qu'à lui, jusqu'à l'arrivée de Baby Boss, qui n'est pas un bébé comme les autres mais bien son pire cauchemar. Il est très malin, fourbe, machiavélique, mais tout cela ne fonctionne que parce que Tim est très intelligent lui aussi : c'est un petit démon au grand cœur".

            Baldwin éclate de rire lorsqu'on lui demande pourquoi ces rôles de durs à cuire ou de patrons exigeants lui vont comme un gant. "Ce n'est pas moi le chef à la maison", confesse-t-il. "J'y suis tellement insignifiant que je pense que si je venais un jour à disparaître, ma femme et mes enfants ne s'en rendraient même pas compte, jusqu'au moment de faire le plein de la voiture en plein hiver".

L'acteur révèle qu'il a beaucoup appris sur son métier en regardant de vieux dessins animés de la Warner. Il s'explique : "C'est Mel Blanc qui m'a appris à interpréter ces personnages avec l'assurance et la grandiloquence nécessaires. Quand on regarde Charlie le coq ou Bugs Bunny, on se rend compte que lorsque quelqu'un les fait trébucher, ou les bat à leur propre jeu, c'est très drôle. On n'interprète pas que des rôles à la Boo Radley dans DU SILENCE ET DES OMBRES. Donc quand j'incarne ces personnages un peu loufoques, je donne le meilleur de moi-même parce que c'est ce qu'exige le rôle".

Alec Baldwin salue aussi le talent du scénariste Michael McCullers : "Il était à nos côtés quand on a fait nos premiers essais d'enregistrement. Le succès du film repose sur la qualité du scénario. Beaucoup de grands interprètes n'écrivent pas leurs propres chansons. Nous, on ne fait que sublimer les répliques. Je n'écris pas les chansons, je me contente de les interpréter".

L'acteur est convaincu que tout comme les deux autres films DreamWorks auxquels il a prêté sa voix – MADAGASCAR 2 : LA GRANDE ÉVASION et LES CINQ LÉGENDES –, BABY BOSS maintient un équilibre parfait entre divertissement familial, gags destinés aux enfants, et clins d'œil aux adultes. "C'est un peu comme dans cet épisode de Bugs Bunny où celui-ci imite le pianiste Liberace avec son candélabre. Contrairement aux parents, les enfants ne comprenaient pas ce qu'il faisait. Ça restait très drôle pour tout le monde, mais ça jouait sur différents niveaux. C'est la raison pour laquelle je pense que BABY BOSS plaira aussi bien aux grands qu'aux petits".

Des voix populaires pour les parents

Pour la mère de Tim, la production a fait appel à l'actrice comique Lisa Kudrow (FRIENDS, MON COMEBACK). Lauréate de l'Emmy, la comédienne a déjà prêté sa voix à plusieurs films d'animation comme EL AMERICANO, BOJACK HORSEMAN et LES SIMPSON. Pour autant, elle souligne qu'elle a trouvé ce rôle particulièrement gratifiant.

Elle-même mère d'un enfant unique, Lisa Kudrow était particulièrement sensible au sort de la maman du petit Tim : "Je sais à quel point on est sollicité quand on a un seul enfant", dit-elle. "Du coup, j'imagine que c'est très difficile, quand un petit frère ou une petite sœur débarque, de faire en sorte de ne pas donner trop d'amour ou d'attention à l'un ou à l'autre. Je me réjouis de n'en avoir qu'un seul !"

Fille cadette d'une fratrie de trois enfants, Lisa Kudrow reconnaît qu'elle était elle-même la "Baby Boss" de la famille ! "J'étais la petite dernière et mes frères et sœurs ont six et huit ans de plus que moi", reprend-elle. "Je me souviens que, quand j'étais toute petite, je faisais souvent des trucs qui les agaçaient. Dès que mon père rentrait à la maison, ils se précipitaient sur lui pour s'en plaindre. Je répliquais immanquablement : 'Mais… je suis la plus petite' et mon père ajoutait : 'C'est vrai… elle est toute petite'. C'était très méchant de ma part".

Selon la comédienne, il est tout à fait normal qu'un petit garçon comme Tim ait le sentiment que Baby Boss soit là pour semer le chaos dans sa famille. "Jusque-là, Tim était l'enfant unique et adoré de ses parents et il était le centre du monde à leurs yeux", explique-t-elle. "J'imagine que son père ou sa mère pouvait le border pendant une demi-heure tous les soirs et lui raconter d'innombrables histoires avant de se coucher. Tout à coup, Baby Boss débarque : ses parents n'ont plus de temps à lui accorder et il en veut au petit intrus ! Mais comme Tim et Baby Boss s'engagent ensemble dans un combat contre Toutou Corp, ils doivent se serrer les coudes et ils apprennent à s'apprécier. C'est exactement ce qui se passe dans la vie lorsqu'on a des souvenirs communs avec ses proches".

Lisa Kudrow a pris un vrai plaisir à travailler avec Tom McGrath et la productrice Ramsey Naito. "Ils ont été formidables et c'était un vrai bonheur de collaborer avec eux", indique-t-elle. "Tom vous accorde une vraie marge de manœuvre et vous permet d'improviser. Quant à Ramsey, nous sommes devenus amies elle et moi. Je me suis vraiment entendue à merveille avec elle".

La comédienne signale qu'elle adore le graphisme du film, son sens de l'humour et son message. Elle a également apprécié qu'Alec Baldwin prête sa voix à Baby Boss. "On est sûr de s'éclater face à Alec Baldwin incarnant un bébé en costume qui tyrannise son entourage", dit-elle. "Il est irrésistible avec sa voix extrêmement grave. Je m'imaginais les enfants en train de regarder le film et de se dire : 'C'est donc comme ça que ça s'est passé quand le petit dernier a débarqué !"

L'actrice ajoute que le film séduira les familles car il est à la fois drôle et émouvant. "L'histoire vous touche droit au cœur", insiste-t-elle. "Les enfants traversent un tas d'aventures ensemble et ils apprennent à se connaître".

Pour le père de Tim, le réalisateur a songé à l'humoriste, animateur de talk-show et producteur Jimmy Kimmel après l'avoir entendu être interviewé à la radio. "J'imagine qu'il a entendu ma voix et qu'il s'est dit que j'étais l'homme de la situation pour camper le père et il a fait l'erreur de m'appeler!", s'amuse l'humoriste. "On s'est éclatés. Tom est à la fois sympa et patient et ses idées sont formidables. Dès que j'arrive sur un plateau et que je me mets à jouer, j'ai le sentiment que je suis épouvantable. Mais il a l'air d'apprécier. En tout cas, il ment très bien et me raconte que je fais du très bon boulot !"

Kimmel indique qu'il a beaucoup aimé sa première expérience de doublage d'un long métrage d'animation : "Je voulais être dessinateur de BD quand j'étais gamin et j'adore dessiner", reconnaît le comédien. "Autant dire que j'ai adoré participer à un film d'animation. Je ne sais toujours pas comment ces artistes épatants sont capables de mener à bien un projet aussi gigantesque mais leurs talents m'impressionnent".

L'humoriste affirme qu'il a décelé des points communs entre la famille de Tim et la sienne. "J'ai une petite fille de deux ans et je peux vous dire qu'elle est la boss à la maison", explique Kimmel. "On pourrait croire qu'on est à son service. À mon avis, elle se dit que nous sommes le personnel de maison parce que je lui prépare des pancakes le matin et que je les fais dans les formes qu'elle veut. De toute façon, ses désirs sont des ordres".

Lui-même aîné d'une fratrie, Kimmel a de nombreux souvenirs avec ses frères et sœurs. "J'ai une petite sœur et un petit frère, si bien que je me retrouverais à la place de Tim dans cette situation particulière", analyse-t-il. "J'ai convaincu mon frère que j'étais Superman quand j'étais gamin. De temps en temps, j'organisais une chasse au trésor pour ma sœur et je semais des indices partout dans la maison. Et puis, à la fin de la chasse au trésor, elle se retrouvait avec un sac rempli de mes ongles de pied ou d'un truc du genre".

Kimmel souligne que le film excelle à restituer des vérités fondamentales sur la dynamique familiale et les réactions des parents face à leurs enfants tout en faisant constamment preuve d'humour. "Bien entendu, de nombreux éléments de BABY BOSS sont poussés à l'excès mais les rapports entre les parents et leur enfant, et entre l'enfant et son petit frère sont d'une grande justesse", ajoute-t-il. "On retrouve dans le film une réjouissante part d'imaginaire qui nous anime quand on est gamin et qui s'atténue au fil des années".

Il estime par ailleurs que petits et grands seront emballés par le film. "Les enfants vont adorer Baby Boss et la rivalité entre frères", dit-il. "Mais il y a aussi des gags que les plus jeunes ne comprendront pas et que leurs parents savoureront. Avant tout, le film parle de la famille, de parents qui aiment leurs enfants et du monde qu'ils bâtissent ensemble. Je pense que tous ceux qui ont été jeunes ou qui ont des enfants s'y reconnaîtront !"

L'ignoble Francis E. Francis

Steve Buscemi (BOARDWALK EMPIRE, LES SOPRANO) prête sa voix à l'ignoble Francis E. Francis, fondateur et président de Toutou Corp qui crée d'adorables chiots bientôt adoptés par d'innombrables enfants. "Dans le film, Baby Boss et Tim doivent s'introduire dans l'entreprise pour s'emparer de précieux renseignements. Pour y parvenir, ils s'arrangent pour accompagner leurs parents qui travaillent chez Toutou Corp, à l'occasion de la journée 'Emmenez vos enfants au bureau'", explique Buscemi. "Une fois sur place, ils tombent dans un piège tendu par Francis. E. Francis qui a bien compris qu'ils tentent de déjouer son plan diabolique".

Francis E. Francis dispose d'une arme secrète : l'irrésistible Toutou forever. "Ce chiot est immortel et ne cessera donc jamais d'être aimé", signale le comédien. "Mais il lui faut la formule secrète de Baby Corp grâce à laquelle les bébés ne vieillissent pas – et il finit par la dérober à Baby Boss pour que Toutou forever reste jeune pour toujours".

L'acteur a également été sensible à la scène où Tim et Baby Boss doivent se rendre à un congrès à Las Vegas pour empêcher Francis de faire le lancement de Toutou forever. "Une course-poursuite s'engage et aboutit au formidable point d'orgue de la séquence", s'enthousiasme Buscemi. "Ils embarquent à bord d'un avion rempli d'imitateurs d'Elvis Presley et finissent par empêcher Francis E. Francis de mettre son projet à exécution en se serrant les coudes. Car au départ Baby Boss et Tim ne s'apprécient pas. Mais ils se rendent compte qu'ils ont besoin l'un de l'autre et ils acceptent de s'épauler : non seulement ils apprennent à s'apprécier mais ils finissent par s'aimer sincèrement".

Buscemi, qui a lui-même trois frères – un plus âgé et deux plus jeunes –, indique qu'il a été très sensible à la rivalité fraternelle évoquée dans le film. "Je me souviens à quel point l'arrivée de mon frère Michael, qui est né très peu de temps après moi, m'a perturbé", reconnaît-il. "J'avais l'impression qu'il empiétait sur mon territoire et ça ne me plaisait pas. J'imagine qu'il en a été de même pour mon grand frère Johnny quand j'ai débarqué à la maison mais je ne le voyais pas sous cet angle. C'est extraordinaire d'avoir des frères et sœurs mais c'est parfois difficile de s'entendre et d'accepter de partager l'amour de ses parents".

Le comédien qui prête aussi sa voix à Randy dans MONSTRES & CIE et MONSTRES ACADEMY précise qu'il a particulièrement apprécié de pouvoir collaborer avec Tom McGrath et Ramsey Naito. "Le plus difficile en animation, c'est que les images du film ne sont pas prêtes au moment où on enregistre son texte", déclare-t-il. "On dépend donc du réalisateur pour avoir des indications précises sur le style visuel. Grâce à Tom, j'ai vraiment réussi à garder le cap et à me faire une idée du résultat final du film. On a également joué avec le personnage et on a exploré plusieurs pistes d'interprétation si bien que les animateurs disposaient d'une matière très riche pour travailler. C'était une véritable aventure où chacun faisait part de ses idées. Ramsey est l'une des productrices les plus agréables avec qui j'aie travaillé. Toute l'équipe DreamWorks a été épatante. Elle a été accueillante et extrêmement créative".

Selon Buscemi, les familles se retrouveront facilement dans le film car il dépeint les rapports parents-enfants avec délicatesse. "Il évoque la dynamique qui se joue entre parents et enfants et l'amour qui les unit", dit-il. "Mais quand un petit frère ou une petite sœur fait son apparition, l'enfant se demande s'il continuera à être aimé. Le film excelle également à représenter l'imaginaire de Tim à l'œuvre. Il invente toutes sortes d'histoires. Bien entendu, son imagination débordante peut aussi nourrir des idées noires, à tel point qu'il en vient à se demander si ses parents ne cesseront pas de l'aimer".

Un fil conducteur pour l'intrigue

Tobey Maguire (la trilogie SPIDER-MAN, L'ŒUVRE DE DIEU, LA PART DU DIABLE) assure la narration du film. "Tim est un gamin de sept ans joyeux qui a deux parents adorables", affirme-t-il. "Au départ, il est fils unique mais quand il apprend qu'il va avoir un petit frère, il n'est pas ravi de devoir partager l'amour et le temps de ses parents. C'est un cap difficile à franchir pour lui, si bien qu'il imagine toutes sortes de choses improbables sur Baby Boss grâce à son imagination fertile".

Maguire souligne que la relation de Tim et de son frère est très conflictuelle. "Tim se méfie beaucoup du bébé parce qu'il a le sentiment d'avoir affaire à un petit homme qui a une mission bien précise à remplir. Il aimerait le dénoncer pour retrouver l'attention de ses parents. Mais par la suite, ils font équipe et s'épaulent mutuellement pour combattre Francis et l'empêcher de détruire Baby Corp".

Une fois que Baby Boss a accompli sa mission et qu'il doit repartir, Tim s'estime satisfait même si, entre-temps, il s'est vraiment attaché à son petit frère et qu'il ne veut plus qu'il s'en aille.

L'acteur a trouvé le film drôle et s'est identifié aux personnages. "Les thématiques sont illustrées par des situations surréalistes, et notamment par cette idée irrésistible de confier le rôle de Baby Boss à Alec Baldwin", dit-il. "Mais on s'identifie totalement aux personnages car si on a été – ou qu'on est – parent, frère ou sœur, c'est le genre de situation qu'on a sans doute vécue".

Maguire indique également qu'il a pris un grand plaisir à travailler avec Tom McGrath et toute l'équipe artistique. "Il est formidable et c'est un grand bonheur de collaborer avec lui, mais j'admire surtout sa créativité", reprend-il. "Il déborde d'imagination et il est très drôle. Il a su trouver le ton juste – charmant et singulier – pour le film".

La voix française de Tim est interprétée par Timothé Vom Dorp
Tim est né le 03 Mars 2007, à Paris. Il est repéré par le cinéma très jeune, et joue à 5 ans dans « Suzanne » de Katell Quillévéré. Plusieurs rôles, filmés par de grands noms du cinéma lui ont permis de développer et d'affiner son talent de comédien.
À 8 ans, Gilles marchand lui offre le rôle principal de son film « Dans la forêt ». Intrigué par le monde du doublage et après des essais concluants, il se prend de passion pour cet exercice. Avant de devenir Tim, Timothé a joué entre autres «Bao» dans Kung Fu Panda 3 et «Némo» dans Le Monde de Dory.
« Jouer le rôle difficile de Tim m'a appris énormément et je me suis vraiment éclaté. Virginie Mery, la directrice de plateau avec sa grande expérience du théâtre m'a apporté plein de techniques de jeu »
Timothé aime le sport, le piano, les copains et adore passer de longs moments à se balader et observer la nature.

Story-boards et animation

            Le chef story-boardeur Ennio Torresan signale qu'il a été immédiatement séduit par les émotions suscitées par plusieurs scènes-clés du film. "J'ai travaillé avec Tom [McGrath] sur MEGAMIND et la saga MADAGASCAR et nous avons le même sens de l'humour", dit-il. "Le fait qu'on plonge dans l'esprit de notre protagoniste Tim était une idée qu'on n'avait encore jamais explorée et que j'ai adorée. J'ai moi-même deux jeunes enfants et je suis confronté à des rivalités entre frères et sœurs à la maison. Tous les lundis, je racontais à Tom des anecdotes sur ce qui se passait chez moi – comme la fois où mes enfants ont failli me tuer pendant le week-end ! – et ainsi on a pu nourrir l'intrigue de nos propres souvenirs".

            Torresan, qui réalise ses story-boards à l'aide de crayons, de papier et de Photoshop, explique qu'il s'est largement inspiré des dessins animés de Fritz Freleng et Tex Avery. "Freleng était un vrai modèle en matière de rythme musical", observe-t-il. "Notre réalisateur, à mes yeux, est aussi fou, brillant et drôle que Mozart. Il respire la comédie par tous les pores de la peau et nous cherchons tous à lui ressembler".

            Le chef animation Carlos Puértolas avait lui aussi à cœur de donner un style rétro 2D à l'animation et de créer des personnages attachants et mémorables. Artiste chevronné de DreamWorks Animation ayant collaboré à MADAGASCAR 2, MADAGASCAR 3, BONS BAISERS D'EUROPE, LES CINQ LÉGENDES et EN ROUTE !,  Puertolas a compris que le film allait se démarquer de la production courante dès qu'il a entendu McGrath le lui présenter. "C'est le type même de projet qui se prête à l'animation car il est raconté du point de vue d'un petit enfant", constate-t-il. "L'imagination joue un grand rôle dans la vie des enfants, comme elle le fait dans le film".

            Comme Puertolas l'indique, les animateurs se sont efforcés de faire en sorte que les personnages soient attachants. "Si on considère Baby Boss par exemple, certes il a la voix d'Alec Baldwin, mais le personnage est un bébé tout mignon et charmant", dit-il. "On voudrait que le spectateur ait envie de lui caresser la joue. Il en est de même de Tim. On voulait que ce soit un adorable petit garçon de 7 ans. Or ce qu'un adulte peut trouver charmant risque de passer pour une attitude de froussard aux yeux d'un jeune spectateur. On ne voulait pas que Tim soit un gamin geignard : il fallait donc qu'il soit un peu arrogant pour qu'il séduise le jeune public".

Layout et montage

            Pour le chef layout Kent Seki, le film était l'occasion d'explorer plusieurs styles cinématographiques, particulièrement pour les scènes de fantasme de Tim. "On a pu repousser les limites du dispositif stéréoscopique car Tim vit des aventures extraordinaires dans son monde imaginaire", indique Seki. "On a également eu recours à l'effet 'maquette' – ou effet de 'bascule' –, ce qu'on n'avait encore jamais exploré. "Ce style de prise de vue bascule l'angle de la caméra et fait pivoter l'objectif, créant un effet miniature intime. Les personnages chez Baby Corp ont l'air plus petit et vulnérable. Une fois que Baby Boss quitte l'entreprise pour rentrer dans sa famille, on met fin à ce dispositif pour rétablir la profondeur de champ. Cela permet d'intensifier la dimension émotionnelle de la scène".

            Par ailleurs, Seki a été sensible à la manière dont le réalisateur dynamise l'action et fait appel à la prévisualisation pour organiser le travail de prise de vue. "On a constamment cherché à améliorer le rendu des personnages et particulièrement leur manière d'exprimer leurs émotions", dit-il. "On a retravaillé le matériel pour les personnages jusqu'à ce qu'on obtienne des émotions aussi authentiques que possible. De même, on a peaufiné les éclairages avec nos directeurs artistiques et obtenu un résultat plus satisfaisant. Dans l'ensemble, je dois dire que le film rend hommage à toute une tradition de l'animation à la fois sur un plan esthétique et narratif".

            Pour le chef-monteur Jim Ryan, le plus difficile a consisté à identifier les scènes les plus pertinentes pour les réunir ensuite dans une œuvre cohérente. "Les séquences de pure comédie sont assez trash", explique-t-il. "On pouvait aller encore plus loin dans ce registre d'humour et adopter un montage plus nerveux pour donner un côté cartoonesque à ces scènes".

            Marqué par les grands classiques de Steven Spielberg, Ryan s'en est inspiré pour les scènes de fantasmes de Tim. "Tim a quatre fantasmes différents : il court dans la jungle, se bagarre avec un gorille, pilote un vaisseau spatial et plonge dans la mer pour sauver ses parents attaqués par des requins", confie-t-il. "On a évoqué quelques grands classiques de Spielberg à travers nos choix de montage".

Infographie et effets visuels

            La mise au point de l'animation infographique et des effets visuels pour un film sur une famille de la classe moyenne américaine et leur bébé hors normes peut s'avérer tout aussi complexe, voire plus encore, que pour un énorme blockbuster.

            "C'est aussi difficile d'élaborer les moindres détails de la chambre de Tim qui regorge de jouets que d'imaginer une course-poursuite imaginaire dans le jardin où l'on doit réfléchir à toutes sortes d'effets comiques pour l'herbe", indique le superviseur effets visuels Ken Bielenberg, qui a collaboré à la saga SHREK, au CHAT POTTÉ et à MONSTRES CONTRE ALIENS. "Le rythme est tellement trépidant dans cette course-poursuite qu'il fallait faire en sorte que l'on parvienne à bien identifier chacun des personnages malgré leurs déplacements ultrarapides. On a aussi cherché à ménager des transitions fluides entre d'une part les personnages, décors et arbres infographiques et d'autre part les dessins plus traditionnels réalisés en 'matte painting'".

            Bielenberg précise que même si les effets visuels ne sont pas prédominants dans BABY BOSS, plusieurs scènes nécessitaient un usage intelligent des moyens technologiques. En témoigne la séquence où Baby Boss fait semblant d'être malade pour distraire son baby-sitter Eugene. "Cette scène où le personnage crache son vomi comme un projectile a dû être méticuleusement préparée", précise Bielenberg. "Le liquide atteint les cheveux et les vêtements des personnages et cela a mobilisé tout un travail de mise au point des textures. Il fallait qu'on sache à l'avance quelles 'cibles' le vomi allait atteindre et comment il allait se répandre sur les objets et le décor".

            Selon le superviseur effets visuels senior Tony K. Williams, l'attachement de McGrath à l'époque classique de l'animation et à des artistes comme Mary Blair a largement influencé le style 2D du graphisme et des images. "C'est très difficile de privilégier la sobriété sur le plan visuel", dit-il. "On devait donner aux objets la forme la plus simple possible. En général, je suis censé ajouter toutes sortes de détails, ce qui est plus facile. Ici, mon boulot a consisté à adopter des lignes fluides et un style d'animation épuré. On ne peut rien dissimuler !"

            Pour que le visage de Baby Boss soit aussi séduisant que possible, Williams et son équipe ont dû procéder à des déformations géométriques radicales. "Il a fallu qu'on impose une esthétique cartoonesque au personnage en lui dessinant de très grands yeux et des mimiques attrayantes", relève-t-il. "Les cheveux ont aussi retenu toute notre attention. Je suis très fier des cheveux de Tim : ils ont été conçus pour avoir une allure magnifique sous tous les angles !"

            La superviseuse effets visuels Vanitha Rangaraju a particulièrement apprécié de travailler sur les bébés qui défilent sur le tapis roulant de Baby Corp. "C'est une séquence onirique où l'on fait la connaissance de Baby Boss", dit-elle. "On voulait qu'elle dégage une atmosphère irréelle et délicate. Il fallait qu'on sente la patte de l'artiste au-delà des effets infographiques afin de nouer un lien direct avec le spectateur".

            Elle ajoute que, dans certains cas, le département Foules a dû produire près de 400 bébés pour une seule scène. "Bien entendu, on avait déjà conçu des foules pour plusieurs films mais jamais dans des proportions comparables à celle-ci", poursuit-elle. "Il fallait que la peau des bébés ait l'air douce et translucide. Notre département Textures a fait un énorme travail pour obtenir ce résultat. On a eu largement recours au dispositif de 'transluminescence' (phénomène de pénétration de la lumière au travers d'un objet translucide) pour que la lumière semble traverser la peau".

            Le superviseur numérique Vimal Subramaniam souligne que le style visuel du film se distingue de la plupart des projets auxquels il a collaboré : "Contrairement à ce qui se pratique en général, on a fait en sorte d'adapter le style visuel aux humeurs de notre protagoniste, Tim", dit-il. "Quand il se prend pour le centre du monde, il est baigné de lumière, et quand il pense le contraire, il ne l'est plus. La palette chromatique offre un camaïeu de couleurs complémentaires qui s'inspirent de l'atmosphère du film. Quant aux éclairages, ils varient en fonction des évolutions des personnages et sont censés exprimer les émotions de Tim. Le matte-painting est très impressionniste et les textures, y compris les motifs sur les meubles, sont stylisées".

            Le superviseur effets Mitul Patel intervient : "Dans tous les films auxquels nous avons collaboré, le style est réaliste mais pour BABY BOSS, les effets sont destinés à accentuer l'humour de l'ensemble. Les formes sont simples mais stylisées et le rythme est rapide et proche du cartoon. C'était parfois difficile parce que nos outils s'appuient sur les lois de la physique, si bien qu'on a dû travailler plus dur que d'habitude pour obtenir le style et le rythme qu'on souhaitait".

            Le chef-éclairagiste Rajarajan Ramakrishnan indique que McGrath tenait tout particulièrement à son principe selon lequel "la lumière exprime l'amour". "Il fallait qu'on comprenne bien cette simple philosophie et qu'on mette nos outils au service de sa vision artistique", dit-il. "Je suis père d'une petite fille de deux ans et comme le film parle des liens affectifs entre frères et sœurs, il a une grande résonance pour moi. On travaillait sur un espace très intime sur un plan visuel. Il fallait que nos choix de lumières et de focales traduisent les émotions sincères et les expressions de nos personnages".

Crédits: 20th Century Fox 2017

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