samedi 19 août 2017

HITMAN AND BODYGUARD


Comédie/Action/Un excellent duo d'acteurs pour un divertissement sympathique, mais pas aussi fun qu'on l'espérait

Réalisé par Patrick Hughes
Avec Ryan Reynolds, Samuel L. Jackson, Gary Oldman, Salma Hayek, Elodie Yung, Richard E. Grant, Sam Hazeldine, Joaquim de Almeida...

Long-métrage Britannique
Titre original : The Hitman's Bodyguard 
Durée: 01h59mn
Année de production: 2017
Distributeur: Metropolitan FilmExport

Interdit aux moins de 12 ans

Date de sortie sur les écrans britanniques : 17 août 2017
Date de sortie sur nos écrans : 23 août 2017


Résumé : Un redoutable tueur à gages est contraint de témoigner contre son ancien employeur devant la Cour internationale de justice de La Haye. Interpol est alors chargée de l’escorter jusqu’aux Pays-Bas et engage le meilleur garde du corps du métier pour mener à bien cette mission. Mais c’était sans savoir que depuis des années, les deux hommes s’opposent : les voilà désormais obligés de s’associer pour tenter de survivre aux pires épreuves… De l’Angleterre à La Haye, ils vont vivre une aventure délirante, une succession infernale de tentatives de meurtre, de courses-poursuites pour échapper à un dictateur d’Europe de l’Est prêt à tout pour les éliminer.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : HITMAN AND BODYGUARD est bien un buddy movie qui doit beaucoup de son capital sympathie à son duo d'acteurs célèbres qui assurent sur tous les fronts. 

Dans l'ensemble, HITMAN AND BODYGUARD est divertissement tout à fait correct. La réalisation est claire, notamment dans les scènes incluant bagarres, courses poursuites et explosions, ce qui est appréciable. Il y a quelques petites incohérences qui sont vite balayées par l'action. Le réalisateur Patrick Hughes utilise l'environnement à bon escient - la ville d'Amsterdam en est un bon exemple avec la façon dont il gère habilement les rues étroites et les canaux. Les décors sont multiples, on voyage et on change souvent de lieu. La musique entraînante ou thématique par rapport aux différents moments accompagne bien les aventures de nos deux héros. 

Le scénario a le mérite d'offrir de vrais moments d'échanges aux deux protagonistes principaux. L'intrigue générale se maintient et, même si elle n'est pas ultra originale et ne dépasse parfois pas l'évidence, elle garde une cohérence tout au long du film et fournit ce qu'il faut de conditions pour permettre aux scènes d'actions de s'enchaîner. 

Là où le bât blesse un peu, c'est par rapport au marketing du film qui nous vend beaucoup d'humour et de décalage. Hors, il y a un peu d'humour qui fonctionne d'ailleurs très bien et aussi de l'émotion qui fait mouche également. C'est surtout l'action qui prend le pas sur le reste. Ce n'est pas gênant dans les faits, cependant le choix de garder l’ensemble trop dans des clous classiques décontenance si on s'attend à une comédie déjantée, très référencée et avec une originalité barrée.

Reste que Ryan Reynolds, qui interprète Michael Bryce, et Samuel L. Jackson, qui interprète Darius Kincaid, sont excellents. Si on aime ces acteurs, on a vraiment plaisir à les voir se titiller et se taper sur les nerfs. De plus, les introductions de leurs personnages et de leurs personnalités sont efficacement menées. Leur équipe incongrue devient attachante, car elle leur permet de grandir et d'adopter la vision de l'autre. Ils réussissent à être tour à tour drôles ou touchants avec la même intensité. Ils forment une équipe d’enfer ! 





Salma Hayek interprète Sonia Kincaid une femme parfaite pour un assassin qui a besoin de trouver un écho dans sa moitié. Ce personnage a un caractère de feu et l’actrice lui offre le charisme qu’il lui faut pour le rendre amusant. 



Elodie Yung interprète Amelia Roussel. Bien qu’elle joue très bien, ce rôle n’est pas bien mis en valeur. Amelia sert surtout de faire-valoir à Michael. 



Gary Oldman est un dictateur d’Europe de l’Est convaincant dans le rôle de Vladislav Dukhovich. 


HITMAN AND BODYGUARD permet de passer un agréable moment en compagnie d’acteurs qu’on apprécie beaucoup. À grand renfort d’action, le réalisateur nous entraîne dans une aventure à travers l’Europe qui met de bonne humeur. Sans être la vraie bonne surprise attendue, ce film n’en reste pas moins un très sympathique divertissement. 



NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
"J'ai une mission pour toi"
L'agent Amelia Roussel 
Presque tous ceux qui ont croisé la route du tristement célèbre tueur à gages Darius Kincaid (Samuel L. Jackson) aimeraient l'abattre. À moins que ce ne soit Michael Bryce (Ryan Reynolds), le garde du corps attentif recruté pour le protéger au péril de sa vie, qui s’en charge d’abord dans un accès de colère. La rivalité explosive – tout comme la complicité potentielle – entre un tueur à gages de haut vol et un spécialiste de la protection rapprochée donnent lieu à une comédie d’action délirante au rythme effréné. Jouant avec les codes du thriller, de la comédie sentimentale et du buddy-movie, le film entraîne le spectateur dans une aventure délicieusement irrévérencieuse. Entre ses rapports irrésistibles entre Ryan Reynolds et Samuel L. Jackson, ses scènes de combat savamment chorégraphiées et ses courses-poursuites à couper le souffle, HITMAN & BODYGUARD offre un mélange d'humour et d'action ininterrompu.

Tout démarre lorsqu’Interpol passe un accord risqué avec Kincaid, l’homme qu’ils viennent de capturer. S’il accepte de témoigner au procès du tyran biélorusse Vladislav Dukhovich (Gary Oldman) devant la Cour Pénale Internationale de La Haye, sa femme adorée, l’impétueuse Sonia (Salma Hayek), sera libérée de prison. Seul problème : Interpol ne dispose que de 24 heures pour escorter Kincaid du nord de l’Angleterre jusqu’à la Haye, sachant que la route sera semée d’assassins en tous genres qui veulent sa peau.

La situation se corse dès le départ : Amelia Roussel (Elodie Yung), agent d’Interpol, mène le convoi qui transporte Kincaid tout droit dans une embuscade. Bien décidée à escorter l’impassible Kincaid jusqu’à sa destination, elle fait appel au seul homme capable de protéger une cible aussi sensible : son ex-petit ami Michael Bryce, ancien garde du corps de génie aujourd’hui amer et au bout du rouleau. L’homme, qui a été autrefois au sommet de son art, a perdu la main après une mission qui a mal tourné. Il a beaucoup à prouver, mais aucune envie de le faire aux côtés de Kincaid. Les deux hommes se connaissent bien. En effet, après avoir passé toute sa carrière à éviter les balles pour Kincaid, c’est bien la dernière personne qu’il a envie de protéger, surtout s’il s’agit de risque sa vie pour celle d’un tel truand.

Tandis que le tueur à gages et son garde du corps s'engagent, bien malgré eux, dans un combat contre les hommes de main qui les assaillent de toutes parts, ils finissent maladroitement par nouer une relation tout à fait hilarante. Ils ont beau se méfier l'un de l'autre et garder en permanence le doigt sur la gâchette – le cocktail explosif d'agacement et d’admiration qui les anime leur permet d'atteindre La Haye, de raviver une histoire d’amour, de sauver Sonia, et enfin, de rendre sa réputation au garde du corps.
Ryan Reynolds déclare :  J’adore la relation entre Bryce et Kincaid. Tout les oppose, et pourtant, à mesure que l’’histoire progresse, ils ti ssent malgré eux des sentiments d'affection et de respect l’un envers l’autre. C’est un film d’action débridé qui fait place à une belle amitié ainsi qu’à plusieurs histoire s d’amour .

Samuel L. Jackson ajoute :  Ryan et moi partons pour une virée de folie à travers l’Europe, et c’est un joyeux bazar entre ces deux personnages qui entretiennent une relation tout à fait originale .

JACKSON TAPE SUR LES NERFS DE REYNOLDS 

Michael Bryce, interprété par Ryan Reynolds, est au bout du rouleau au moment où on l’appelle pour lui confier la mission la plus dangereuse de toute sa carrière : protéger l’homme qu’il a le plus envie de voir disparaître. Après une mission ratée et une rupture amoureuse, le méticuleux Bryce n’est plus que l’ombre de lui-même et mène une existence solitaire. Il devra pourtant se surpasser pour escorter son pire ennemi jusqu’à La Haye dans les temps et, si possible, sans qu'il se fasse trucider au cours du périple.

D'emblée, Ryan Reynolds a joué un rôle décisif dans l’élaboration de ce personnage qui ne supporte pas le désordre mais s’y retrouve pourtant plongé.  Ryan a travaillé d’arrache-pied pendant la préparation, et il a trouvé des idées originales pour le personnage et sa philosophie de vie , raconte le producteur Les Weldon.  Puis, il a puisé dans son sens inné du rythme et de la comédie, ce qui a vraiment donné vie au personnage . On ne peut que prendre le parti de ce type ultra efficace qui traverse un passage à vide. Sa prestation possède une profondeur émotionnelle, mais elle est aussi très drôle .

Ryan Reynolds décrit Bryce comme un homme victime de son orgueil démesuré, tombé en disgrâce . L’acteur poursuit :  Bryce a perdu un client, et son sentiment de honte l’a entraîné sur la pente descendante. On fait sa connaissance deux ans après l’incident, et même s’il est sans doute toujours le meilleur du métier, il est complètement perdu. Puis, son ex petite amie lui confie une mission dont il ne veut vraiment pas mais dont il a besoin. En gros, il doit protéger un homme qui a passé l'essentiel des dix dernières années à tenter de l’assassiner .

C’est ainsi que Bryce se retrouve à accompagner son ennemi juré, l’insupportable Kincaid, à travers tout un dédale de dangers mortels, et finit par se regarder en face.

Bryce peut se montrer arrogant e t orgueilleux, et Kincaid sait très bien comment lui taper sur les nerfs , explique Ryan Reynolds.  Il le connaît très bien, qu’il veuille l’admettre ou pas. C’est ce qui explique la relation si particulière qu’ils entretiennent. Bizarrement, Kincaid finit par pousser mon personnage à se regarder dans le miroir comme seul Sam Jackson sait le faire .

Ryan Reynolds révèle qu’il s’est tout de suite bien entendu avec Samuel L. Jackson, ce qui a permis aux deux acteurs de lâcher prise.  Avec Sam, nous passons pas mal de moments où nous ne faisons que jouer, si bie n que nous avons pu nouer des rapports hors du commun entre nos personnages. Sam est très fort en impro, il peut rivaliser avec les meilleurs, et l’impro, c’est aussi là d’où je viens, et du coup on a donné tout ce qu’on avait en s’amusant le plus pos sible. C’était une formidable dynamique .

Samuel L. Jackson reconnaît que c’est le nom de Ryan Reynold qui l’a convaincu d’accepter le rôle.  Ryan avait déjà donné son accord, et puis mon nom a été suggéré et ça collait bien. L’idée semblait amusante. J’admire le jeu de Ryan que je connais personnellement et que j’apprécie; je me suis dit que notre connivence à l’écran serait intéressante, confie Samuel L. Jackson.

Si Samuel L. Jackson a été convaincu de participer au projet, c'est aussi parce qu'il avait la possibilité de travailler avec Salma Hayek qui interprète le rôle de Sonia, la femme pétillante de Kincaid.  Sonia et Kincaid sont des âmes sœurs qui ont noué une relation viscérale avant qu’elle ne devienne spirituelle ; avec elle, Kincaid peut parler de son travail , remarque Jackson.  Sonia aime Kincaid en dépit de ses nombreux défauts et à son contact, il a beaucoup appris sur l’amour. Aussi étrange que cela puisse paraître, il se retrouve à donner des conseils en la matière à Bryce. Salma et moi sommes amis, ce qui nous a beaucoup servi s sur le plateau, et ça a donc été un formidable a tout que de la faire participer au projet .

Habitué des films d’action, Samuel L. Jackson s’est donné à fond, en particulier parce que Kincaid et Bryce sont en parfaite maîtrise de leur art, même s'ils sont aux antipodes l’un de l’autre.  Il y a beaucoup de corps à corps dans le film, ce qui nous donne l’air de véritables héros. C’est génial pour nous et c’est ce que les gens veulent voir , déclare Jackson.  C’est un film survolté .

Même si l’angle choisi est celui de la comédie déjantée, Ryan Reynolds a dû également se consacrer à un travail physique intense, lui qui tient à effectuer la plupart de ses cascades lui-même. Et le film en regorge ! Il a été ravi de collaborer à nouveau avec le célèbre chef-cascadeur Greg Powell, qui ne manquait pas d’idées délirantes pour le film.

 J’ai travaillé sur plusieurs film s avec Greg Powell et son frèr e Gary ; on a envie de les impressionner, d’aller au bout de ses possibilités . Le seul problème, c’est que parfois je vais un peu trop loin, j’oublie que j’ai 3 9 ans et que le ciment, ça fait mal ! , lance-t-il malicieusement.

C’est avec un ego blessé et un corps meurtri que Bryce finit par se faire à l’idée que Kincaid et lui peuvent trouver un terrain d’entente. Et la personnalité particulièrement charismatique de Kincaid y est pour beaucoup, lui qui parvient même à s’attirer les bonnes grâces de toute une troupe de bonnes sœurs. Tout comme Bryce, cependant, Kincaid est dans le pétrin au début du film. Il s’est fait attraper par les instances fédérales et sa bien-aimée est en prison, ce qui rend la situation insupportable. C’est la raison pour laquelle il accepte de témoigner au procès de l’odieux despote biélorusse que le monde entier veut voir puni pour ses crimes contre l’humanité.

Le réalisateur Patrick Hughes résume :  Avec un duo comme celui-là, je me suis dit que la meilleure solution était d'offrir à Ryan et Sam l’environnement et le soutien adéquats, puis de me poser pour apprécier le spectacle .

LES SECONDS RÔLES 

Aux côtés de Ryan Reynolds et de Samuel L. Jackson, on trouve des acteurs de haut vol comme Gary Oldman, nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur acteur pour LA TAUPE en 2011, Salma Hayek, citée dans la catégorie meilleure actrice pour FRIDA en 2002, et la comédienne française Elodie Yung.

Bien que l’histoire soit particulièrement drôle, elle met aussi en scène un véritable salaud qui vient s’ajouter à la collection des rôles tenus par Gary Oldman : l’impitoyable Dukhovich, que rien n’inquiète jusqu’ici malgré la volonté du monde entier de le voir tomber.  Je me suis beaucoup amusé dans ce rôle , reconnaît l’acteur.  Le scénario allie à merveille l’action et les scènes dialoguées , et Ryan Reynolds et Samuel Jackson forment un formidable duo . Bien qu’il n’ait aucune connaissance en russe, il fallait que Gary Oldman parle couramment la langue de Tolstoï dans le film.  J’aurais probablement pu apprendre Hamlet par cœur dans le laps de temps qu’il m’a fallu pour mémoriser mes répliques, s’amuse-t-il. Et pourtant, l’acteur a parfaitement accompli sa mission avec l’aide d’un coach.

Patrick Hughes ajoute :  Dès l’instant où Gary est arrivé sur le plateau, j’ai su que le film allait fonctionner, parce qu’il apporte une dimensi on terrifiante au rôle contre laquelle Ryan et Sam peuvent unir leurs forces .

Tout comme Gary Oldman, Salma Hayek s’est beaucoup amusée à se glisser dans la peau de Sonia, dont la passion et la personnalité ne sauraient être freinées par les murs de sa cellule.  Sonia est un personnage extraordinaire , déclare Salma Hayek qui explique ce qui l’a séduite dans le projet. Son couple est assez inhabituel, puisqu’elle a épousé un tueur à gages, mais elle est surtout extrêmement forte. S’il y a bien quelqu’un capable de tenir têt e à Darius, c’est elle. On ne sait jamais ce qu'elle va dire, et c’est pour ça qu’elle marque autant les esprits. Je dois bien avouer que j’adore ce personnage : oui, elle est complètement timbrée et imprévisible, mais c’est ça qui est intéressant à jouer .

Quant à la force qui unit ce couple malgré les dangers mortels auxquels la plupart des gens ne seront jamais confrontés, Salma Hayek considère que l’essentiel reste le même :  c’est l’amour. Ils entretiennent une relation incroyable, passionnelle, folle, pleine de fougue, dans tous les sens du te rme. Ce qui est le plus intéressant à mes yeux c’est que Kincaid a beau être particuliè rement célèbre, Sonia est parfaitement à la hauteur et il le sait  .

Salma Hayek a pris beaucoup de plaisir à travailler avec Samuel L. Jackson.  C’est une véritable légende, et j’étais extrêmement enthousiaste à l’idée de travailler enfin avec lui. Ça a été très facile et très agréable de jouer sa femme : même si elle est cinglée, on voit bien qu’ils sont faits l’un pour l’autre  .

Le plus grand défi pour Salma Hayek a sans doute été la scène de bagarre dans le bar où Kincaid se rend compte que Sonia est la femme de sa vie.  J’ai eu des courbatures pendant une semaine après le tournage de cette scène, confie l’actrice.  Mais je suis vraiment contente d’être toujours capable à 49 ans d’effectuer mes propres cascades .

Patrick Hughes a adoré la façon dont Salma Hayek s’est complètement mise dans la peau de son personnage.  Salma est magnétique sou s les traits de Sonia. Dès le début, j’ai vu que Salma et Sam allaient former un duo enthousiasmant. On pourrait penser que comme c’est un tueur à gages un peu timbré, Salma aurait tendance à contrebalancer cet aspect, mais en réalité ce qui es t amusant c’est qu’à côté d’elle le personnage de Sam a presque l’air relax. Ce sont deux tempéraments extrêmes qui sont tombés amoureux l'un de l'autre, mais grâce a u jeu de Salma, on se rend compte aussi que leur amour est sincère.

Pour Elodie Yung, qui joue l’ex de Bryce, le plus amusant a été de rompre cette dynamique masculine entre Kincaid et Bryce.  Je me suis dit que ce serait drôle d’être la seule femme dans ce monde d’hommes , remarque-t-elle.  J’ai tout de suite trouvé le scénario très drôle, et une fois sur le plat eau, on s’est mis à improviser avec Ryan et Sam et c’est devenu encore plus chouette. Je passais mon temps à rigoler, et je suis sûre que les spectateurs vont passe r un très bon moment devant le film. Ces types adorent ce qu’ils font et c’est communicatif .

Ryan insuffle son humour naturel  au rôle , note-t-elle.  Mais qu’il soit en train de jouer le Bryce au top de sa forme, ou le Bryce un peu loser, il réussit à le rendre crédible .

Elodie Yung participe elle aussi à des scènes de combat intenses dans HITMAN & BODYGUARD et a beaucoup aimé s’entraîner pour les interpréter.  Je suis un agent d’Interpol, et il faut donc qu’Amelia soit efficace. Dans ce genre de rôle, on se salit et on prend de s coups mais ça fait partie du jeu !

LA RENCONTRE ENTRE LE GARDE DU CORPS ET LE TUEUR À GAGES 

Le scénario de Tom O’Connor s’inspire des schémas les plus populaires des thrillers d’action classiques, comme celui du tueur à gages en roue libre qui ne rate jamais sa cible et du séduisant garde du corps maître de son art, pour les faire se rencontrer et s'affronter avec la plus grande impertinence.  L’équilibre entre humour et action a été très difficile à maintenir ; j’ai joué avec ça dès le début dans le scénario, parce que je savais que je voulais quelque chose de d rôle mais sans être ridicule ou farfelu , se rappelle Tom O’Connor.

Deux stars d’Hollywood parmi les plus sollicitées ont accepté les rôles principaux, ce qui a permis de mettre rapidement la production en route. La réunion de deux acteurs complètement imprévisibles et adorés du public nécessitait les talents d’un réalisateur capable de donner vie à cette série sans fin de scènes d’action hallucinantes et de situations cocasses. Dans la tradition du film d’action humoristique, le scénario raconte une histoire aux enjeux de plus en plus intenses, où chaque situation extrême rapproche finalement le tueur à gages et le garde du corps de la Cour Pénale Internationale... mais aussi l’un de l’autre. C’est là que Patrick Hughes est entré en scène. Lui qui avait travaillé avec toute une équipe de superstars et orchestré de nombreuses scènes d’action dans EXPENDABLES 3, il s’était imposé en véritable maître de l’adrénaline et était prêt à s’essayer à une expérience nouvelle.  Patrick a su prendre les rênes, diriger les acteurs d’une main de fer, et donner vie au projet , souligne le scénariste Tom O’Connor.

Patrick Hughes a repéré le potentiel explosif de la relation entre Ryan Reynolds dans le rôle de Bryce, coincé et extrêmement perfectionniste, et Samuel L. Jackson dans celui de l’insensé Kincaid. Il a également été séduit par la perspective de revisiter les fondements des buddy-movies cultes des années 80 et 90, avec fraîcheur et impertinence, et de chorégraphier plusieurs scènes d’action trépidantes propres à notre époque.

L’intrigue du film m’a plu en partie en raison de son côté buddy-movie classique mettant en scène deux personnages aux caractères et aux attitudes diamétralement opposés. C’est ça que j’ai voulu conserver, mais en y apportant une touche de modernité , explique Patrick Hughes.

Les premières rencontres avec Ryan Reynolds ont permis de renforcer les liens entre ces deux hommes convaincus — et avec raison — qu’ils sont ennemis jurés, mais qui pourtant finissent par se soutenir mutuellement.

Ryan et moi étions parfaitement d’accord sur le fait qu’au fond , il s’agit d’une histoire de rédemption pour Michael Bryce, facilitée par sa mission de protéger Kincaid , précise Patrick Hughes.  Le problème de Bryce, c’est qu’il réfléchit tout le temps et en toute situation. Il essaye depuis toujours de maîtriser tous les aspects de sa vie, de son travail à sa vie sentimentale. Kincaid, c’est to ut l’inverse. Il est relax, rock and roll, et il se fie toujours à son instinct. Kincaid de vient en quelque sorte, et à contrecœur, le mentor de Bryce lors de ce voyage délirant : au départ ils ont envie de s’arracher les yeux, mais ils fi nissent par se comprendre et même par apprendre malgré eux l'essentiel des relations humaines.

Les producteurs ont été séduits par l’approche à la fois tendre et moqueuse de Patrick Hughes.  Patrick a apporté beaucoup d’humour à ce film de divertissement mais aussi une grande sensibilité , note Les Weldon.  Il a permis à Ryan et Sam de maîtriser ce tempo grâce auquel ils se donnent la réplique avec verve et enthousiasme. Non seulement il comprend les ressorts de la comédie, mais il a aussi été capable d’élaborer des scènes d’action à la fois spectaculaires et hilarantes.

Samuel L. Jackson précise :  C’est toujours bien d’avoir un réalisateur qui apporte un tel enthousiasme et une telle énergie sur le plateau . Patrick nous a tenus en haleine, tout en nous donnant la liberté de nous laisser aller, de faire ce qu’il fallait pour que l’histoire fonctionne .

Ryan Reynolds ajoute :  L’expérience de Patrick et son style singulier font de lui le réalisateur idéal pour un film de ce genre réaliste – mais p as trop – et au ton léger. Patrick a mis cette tonalité au premier plan, et c’est lui qui nous poussait chaque jour à aller de l’avant. Il nous a permis de mener à bien des scènes d’action extraordinaires, à la fois pleines de suspense et grisantes, et drôles plutôt que sombres. Chacune d’elle est hors du commun et les spectateurs v ont s'embarquer dans une véritable aventure.

Salma Hayek raconte :  Je suis absolument ravie d’avoir rencontré Patrick. Il a relevé le défi de réaliser un f ilm à la fois drôle, électrisant et romantique, avec une touche d’impertinence .

UN VÉRITABLE ROAD TRIP : LES LIEUX DE TOURNAGE 

Tandis que nos héros poursuivent leur course folle d’Angleterre jusqu’à La Haye, participant au passage à des courses-poursuites délirantes en voiture, à moto ou en bateau, l’équipe a sillonné des sites emblématiques de l’Europe. Ce road trip haletant a offert à Patrick Hughes ce qu’il qualifie de  toile de fond extrêmement riche . En collaboration avec le chef-opérateur Jules O’Laughlin, le chef-décorateur Russell De Rozario et le monteur Jack Roberts (cité aux Oscars dans la catégorie meilleur montage pour COMANCHERIA en 2016), Patrick Hughes a entrepris de saisir l’énergie brute de prestations survoltées sur fond de cascades exaltantes.

La plupart des scènes ont été tournées en Bulgarie, ce qui a fourni à l’équipe une vaste palette de paysages proches de l’Angleterre et de l’Europe. Les Weldon raconte :  Grâce aux ressources disponibles en Bulgarie, on a pu changer d e décor plus rapidement que presque n’importe où dans le monde. Les tec hniciens bulgares ont accompli un travail phénoménal et nous ont permis d'exécute r un nombre incalculable de scènes d’action particulièrement complexes .

Certaines scènes ont également été tournées dans le célèbre Rijksmuseum d’Amsterdam. Il s'agit de l’un des musées d’art et d’histoire les plus magnifiques au monde, abrité dans un fastueux bâtiment gothique datant du XIXe siècle. C’est là que Kincaid dépose des fleurs pour que Sonia puisse les voir depuis la fenêtre de sa cellule. L’équipe en charge des décors a même construit un kiosque de fleuriste où Kincaid s’arrête pour acheter des tulipes roses. Sur la place attenante, l’équipe a tourné la scène où Bryce noie son chagrin dans un bar en plein air pendant que Kincaid se bat contre des mercenaires, dans un mélange d’action acharnée et de décors sublimes.

L’une des scènes préférées du chef décorateur Russell De Rozario est la bagarre dans le bar où débute l’histoire d’amour entre Kincaid et Sonia. C’est pour cette séquence qu’il a construit de toutes pièces le bar Cucaracha.  C’est une scène fantastique qui réunit Salma et Sam, pour laquelle on a bâti un site extraordinaire à partir d’enseignes lumineuses et de vieilles voitures américain es : le résultat est sublime. Quand on y a tourné la scène et toutes les cascades, l e rendu était spectaculaire , se souvient-il.

Russell De Rozario a truffé les décors de petits détails amusants : une gigantesque reproduction d’un tableau du Caravage pour le bureau de l’homme d’affaires véreux incarné par Richard E. Grant, des mannequins en latex pour le lupanar à Amsterdam, ou le papier peint verdâtre du repaire où Bryce cache Kincaid, en référence à la célèbre citation d’Oscar Wilde sur son lit de mort :  Mon papier peint et moi nous livrons un duel à mort. L’un ou l’autr e de nous va devoir s’en aller . La drôle de camionnette des bonnes-sœurs qui, contre toute attente, offrent refuge à Bryce et Kincaid, fait également partie des créations amusantes de Russell De Rozario, et, cerise sur le gâteau, c’est lui qui est au volant.

Alors que le chaos règne durant le voyage, et que les décors illustrent les endroits insensés où atterrissent Bryce et Kincaid, Russell De Rozario souligne que toute la production a dû être conçue avec une précision infinie pour que tout se déroule sans anicroche. Concevoir les décors du film, c’était un peu comme résoudre un puzzle en 3D , résume-t-il.

DES VOITURES ET DE L’ACTION

Une fois que les scènes d’action explosives se mettent en place, le film laisse place à toute une gamme de dérapages incontrôlés et de collisions, ainsi qu’à des combats savamment orchestrés. Les Weldon remarque : Outre sa dimension humoristique, le film comprend des scènes de course-poursuite en voiture, des cascades, et des effets spéciaux fantastiques. Patrick est un réalisateur qui aime tourner les scènes de manière traditionnelle, plutôt que d’utiliser un fond vert, parce qu’il souhaite que les spectateurs aient vraiment l’impression d’être plongés au cœur de l’action. L’équipe de cascadeurs a relevé le défi haut la main.

Afin de régler des scènes d’action de haut niveau susceptibles d'être saisies sur le vif comme le souhaitait Patrick Hughes, l’équipe a fait appel à l’un des meilleurs chef-cascadeurs d’Hollywood : le Britannique Greg Powell, issu d’une grande famille d’experts en la matière. Il s’est notamment illustré dans SKYFALL, la saga HARRY POTTER, ou encore dans des films de super-héros comme AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON. Greg Powell a effectué ses premières cascades à l’âge de 14 ans et il est passionné par l'élaboration de nouvelles idées dans un domaine où clé de voûte est la surprise, tout en assurant une sécurité maximale aux cascadeurs.  Greg Powell s’est tout de suite rendu compte que HITMAN & BODYGUARD constituerait un défi particulièrement stimulant.  Le scénario fait la part belle à l’action et le nombre incalculable de cascades différentes à ef fectuer m’a tout de suite ravi , se souvient-il.

Le plus grand défi a été d’apporter à chacune des nombreuses scènes de combat quelque chose de nouveau, d'original et de divertissant. Le chef-cascadeur a commencé par travailler avec Ryan Reynolds et Samuel L. Jackson afin d’adapter leur technique de combat à leurs personnalités très différentes : Bryce porte des coups précis alors que Jackson a des réactions plus spontanées.  Ils ont chacun une idée très précise de leur personnage, et on a donc travaillé d’arrache-pied pour imaginer des cascades qui correspondent à l’image que chacun se fait de son personnage, explique-t-il. Greg Powell  avait hâte de pouvoir régler les nombreuses scènes de course-poursuite aux véhicules variés pour mettre les gaz !

On a des voitures, des motos, des 4X4, des voitures de police, et même des hors-bords qui sillonnent à toute vitesse les canaux d’Amsterdam, du jamais vu .  Afin de réunir toute cette gamme de voitures, l’équipe de cascadeurs a fait appel à la société Car Casting Holland (OCEAN’S TWELVE) qui s’est chargée d’acheter, d’acheminer et de préparer chaque véhicule pour son moment de gloire. Étant donné la complexité de la chorégraphie, l’équipe a dû doubler le nombre déjà considérable de voitures prévues dans le scénario, pour arriver à 15 voitures sillonnant simultanément à toute vitesse les vieilles routes escarpées de Hollande. On découvre dans le film aussi bien des bolides de grand luxe que des véhicules bien plus ordinaires : une Porsche Cayenne, une BMW X5 V8, une Audi A6 3.2, une BMW 530, une Cadillac Escalade, une voiture de police Volkswagen Touran, une Jeep Cherokee, une Smart électrique, ainsi qu’une moto Triumph.  Pour Patrick Hughes, avoir à sa disposition autant de cascadeurs de talent et de véhicules différents, c’était un peu comme être un gamin dans le plus grand magasin de jouets au monde.  C’était incroyablement grisant , révèle-t-il.  On ne peut qu’être heureux lorsqu’on tourne au cœur d’Amsterdam des c ourses-poursuite et des fusillades en bateau, en voiture et en moto. C’est un rê ve de gosse. J’en rêve depuis mes études de cinéma .

Mais malgré l’attention portée à l’agencement des scènes d’action qui contribuent à faire progresser l’intrigue, chacun s’accorde à dire que la préoccupation principale de l’équipe a été la relation entre Bryce et Kincaid faite à la fois d’humour et de tension. Les Weldon conclut :  On a beau enchaîner toutes sortes d’explosions, de scènes sur l’eau, de voitures qui se retournent, au final, sans ces relations humaines, l’histoire ne fonctionnerait pas. On a voulu régaler les spectateurs avec des cascades inédites, tout en analysant en profondeur les personnages. On souhaitait obtenir non seulement un spectacle à couper le souffle mais aussi l’histoire touchante de deux hommes qui pensent qu’ils se détestent mais découvrent qu’ils ont finalement plus de choses en commun que de différences .

  
#HitmanAndBodyguard

Autre post du blog lié à HITMAN & BODYGUARD

vendredi 18 août 2017

RIVERDALE


"La quintessence de la série sur l'adolescence"
Télérama
"Riverdale est une série faite pour vous,
que vous le vouliez ou non
"

Slate 
"Le "teen drama" qui rend tout le monde accro"
Vanity Fair
Cette série, diffusée sur Netflix en France, réussit à trouver un équilibre entre soap, mystère, drame et enquête policière. Elle est parfois totalement caricaturale et justement elle en joue habilement. Sa plus grande réussite est son style original, un peu gothique, moderne et surtout audacieux qui vient peut-être du fait qu'elle s'inspire des comics 'Archie'. L'intrigue se relance à chaque épisode. Les personnages sont en surface banals et, en même temps, ils ont chacun une part d'ombre et des secrets. RIVERDALE accroche l'attention dès le premier épisode et on suit les aventures et amourettes de ces ados avec plaisir, à tel point qu'arrivé(e) à l'épisode 13 de cette première saison, on est bien content(e) de savoir qu'il y aura une saison 2 !

Prix public conseillé : 29,99€ TTC

Résumé : Sous ses airs de petite ville tranquille, Riverdale cache en réalité de sombres secrets. Alors qu'une nouvelle année scolaire débute, le jeune Archie Andrews et ses amis Betty, Jughead, et Kevin voient leur quotidien bouleversé par la mort mystérieuse de Jason Blossom, un de leurs camarades de lycée. Alors que les secrets des uns et des autres menacent de remonter à la surface, et que la belle Veronica, fraîchement débarquée de New York, fait une arrivée remarquée en ville, plus rien ne sera jamais comme avant à Riverdale...



Quelques photos

Archie Andrews
Betty
Cheryl
Jughead
Veronica













#Riverdale

mercredi 16 août 2017

ZOMBILLÉNIUM


Au cinéma le 18 octobre 2017

Il va falloir encore attendre quelques jours pour découvrir la bande annonce de ce film d'animation qui promet d'avoir du mordant ! En attendant, nous pouvons faire connaissance avec les personnages.


Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Suite à un malheureux incident, il devient un drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie. Coincé dans le parc, il broie du noir... Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ?

Fan du parc Zombillenium, Lucie est la pétillante fille d'Hector !


Sorcière rebelle, Gretchen est la stagiaire de service au parc. Sa mission: aider Hector à s'acclimater au sein de Zombillenium, et visiblement ca l'enchante.

Steven est un vampire, beau et charismatique.


Aton est un ancien pharaon de l'Egypte antique, il est maintenant l'acolyte de Sirius !

Sirius est un brin baratineur et mythomane.
Il est l'actuel délégué syndical de Zombillenium.


Francis est élegant et décontracté, il incarne le patron paternaliste à l'ancienne qui se soucie avant tout de la vie sociale des monstres.

Tiré de la bande-dessinée Zombillénium d’Arthur de Pins
Un film d’Arthur de Pins et Alexis Ducord


Résumé : Parc d’attractions peuplé de vrais monstres, Zombillénium accueille l’aventure d’Hector, un humain contrôleur des normes qui est sur le point de fermer l’établissement. Francis, le Vampire Directeur du Parc n’a d’autre choix que de l’embaucher pour éviter qu’Hector ne révèle la véritable identité des monstres.

Désireux de revoir sa fille vivant à l'extérieur, Hector fera tout pour échapper à ses nouveaux collègues Zombies, Loups-Garous et Vampires.

Alors qu’il était venu pour tout fermer, Hector ne pourrait-il pas devenir la nouvelle attraction phare de Zombillénium ?

 
#Zombillenium

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lundi 14 août 2017

WIND RIVER


Thriller/Efficace, marquant, glaçant

Réalisé par Taylor Sheridan
Avec Elizabeth Olsen, Jeremy Renner, Kelsey Asbille, Jon Bernthal, Julia Jones, Gil Birmingham, Graham Greene, Teo Briones...

Long-métrage Américain 
Durée : 01h50mn
Année de production : 2017
Distributeur : Metropolitan FilmExport 

Interdit aux moins de 12 ans

Date de sortie sur les écrans américains : 4 août 2017
Date de sortie sur nos écrans : 30 août 2017


Résumé : Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

Bande annonce (VOSTFR)


Extrait - La découverte du corps (VOSTFR)



Making Of - Jeremy Renner (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : WIND RIVER est un vrai thriller. Hyper violent (c'est un film à réserver plutôt aux adultes), il est très dur dans ses thématiques. La façon qu'à Taylor Sheridan d'écrire des scénarios dans lesquels les hommes se retrouvent dans une nature immense et sauvage au milieu de laquelle des intrigues intimes affrontent une violence brutale est une véritable réussite.


WIND RIVER ne fait pas exception à la règle. En plus, cette fois, il est aussi passé derrière la caméra pour mettre en scène son histoire. Le résultat est plus que convaincant.

Taylor Sheridan, le scénariste et réalisateur de WIND RIVER

Sa réalisation explique le cadre de l'intrigue intelligemment. Il y a un juste équilibre entre les dialogues, les scènes de paysage et l'action. Les trois sont parfois présents en même temps. Il y a des moments de haute tension. L'histoire est clairement expliquée et on comprend qu'à la périphérie de cette enquête, c'est la souffrance qui est le fil conducteur. Taylor Sheridan nous angoisse et nous fait vivre des émotions intenses : la peine et la colère - toutes deux dévastatrices - nous assaillissent tout autant que les personnages du film. Elles sont montrées avec pudeur, mais sont extrêmement présentes. Il réussit à faire ressortir une vraie sensibilité au milieu de toute cette horreur, pour nous marquer et nous préparer à son message final. Son scénario joue avec notre morale et brouille les pistes de la justice.

Jeremy Renner interprète Cory Lambert. Il est à la fois crédible dans le rôle du chasseur, qui connaît par cœur son territoire et n'hésite pas à s'occuper des prédateurs qui l'occupent, et touchant dans le rôle d'un père qui vit avec un passé trop lourd à porter.



Elizabeth Olsen interprète Jane Banner, une agent du FBI en début de carrière, peu préparée à ce qui l'attend, mais décidée à trouver le responsable de la mort atroce d'une jeune fille. Sa vision et sa découverte de l’environnement du meurtre sont des miroirs de la nôtre.




WIND RIVER nous choque et nous retourne les tripes tout en explorant des thématiques telles que le deuil, la lente mort des cultures amérindiennes, le traitement de seconde zone de ces peuples, l'impact de l'immensité, du silence et de la rigueur extrême du climat du Wyoming sur les esprits faibles, les angoisses intenses de la parentalité... Véritable thriller, il ne laisse pas indifférent, ni par son traitement, ni par ses sujets. À découvrir absolument, si vous n'avez pas froid aux yeux.

NOTES DE PRODUCTION 
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

NOTE DU RÉALISATEUR

Lorsque je me suis lancé dans l’aventure de WIND RIVER, mon premier film en tant que réalisateur, je l’ai vu comme la conclusion de la trilogie que j’ai écrite sur le thème de la Frontière américaine moderne. Le premier chapitre, SICARIO, abordait l’épidémie de violence le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, et le second, COMANCHERIA, se concentrait sur le choc entre l’immense richesse et la pauvreté dans l’ouest du Texas. WIND RIVER représente donc le dernier chapitre, en forme de catharsis, de cette trilogie. WIND RIVER explore ce qui constitue sans doute à la fois les vestiges les plus tangibles de la Frontière américaine et le plus grand échec de l’Amérique : la réserve amérindienne. Au niveau le plus intime, il s’agit de l’étude de la manière dont un homme continue à avancer après une tragédie, sans arriver à tourner la page. C’est aussi, à un niveau plus global, l’étude des conséquences nées du fait de forcer un peuple à vivre sur une terre qui n’était pas destinée à l’accueillir. Il est question d’un territoire sauvage, brutal, où le paysage lui-même est un ennemi. De terres où l’addiction et le meurtre tuent plus que le cancer, où le viol est considéré comme un rite de passage pour les jeunes filles devenant femmes. De terres où la loi des hommes cède devant celle de la nature. Nulle part ailleurs en Amérique du Nord les choses n’ont moins évolué au cours du siècle dernier, et nul autre lieu en Amérique n’a davantage souffert de ces maigres changements.

Taylor Sheridan  

ENTRETIEN AVEC TAYLOR SHERIDAN

Quels sont les événements qui vous ont inspiré ce film ?

Il s’agit plutôt d’une série d’événements. Certains problèmes sont endémiques dans les réserves indiennes, et ils sont pourtant largement ignorés. Lorsque je me suis retrouvé en position de leur donner une voix, de les faire largement connaître, je m’y suis employé.

Qu’est-ce qui vous a inspiré Cory Lambert, le personnage joué par Jeremy Renner, et pourquoi avoir choisi précisément cet acteur pour l’interpréter ?

J’étais intrigué par la notion de devoir continuer à vivre après une tragédie sans arriver à tourner la page, et j’ai eu envie d’explorer ce thème à travers un personnage. Je me suis efforcé de proposer au public un regard vrai sur la souffrance et sur les violences faites aux femmes telles qu’elles se déroulent dans la réserve. Quant au casting de Jeremy, je trouve qu’il y a chez lui un mélange unique de force et de vulnérabilité. Il me fallait un acteur possédant un registre de jeu extrêmement large et une grande subtilité afin d’incarner toutes les nuances du personnage, et Jeremy a réussi avec brio.

Comment avez-vous choisi Kelsey Asbille et les autres acteurs et actrices moins connus ?

Quand vous distribuez les rôles d’un film, vous vous efforcez de trouver des acteurs capables de capter l’essence des personnages que vous avez créés. Pour interpréter Natalie, je voulais une actrice qui possède une grande force d’âme. Je voulais voir en elle la guerrière, et je voulais aussi voir l’espoir, la jeunesse et l’amour. Kelsey incarne tout cela. C’est la même chose pour les autres personnages. Tokala Clifford, qui joue Sam, a réellement grandi dans une réserve, tout comme Martin Sensmeier, qui interprète Chip. Ils connaissent donc extrêmement bien ce monde et ils étaient capables de donner vie à ces personnages avec justesse.

Pouvez-vous nous parler de votre processus de recherche ?

Pour mes recherches, j’ai fait appel à mes amis qui vivent dans la réserve ; je suis allé les voir, j’ai écouté tout ce qu’ils m’ont raconté. J’ai passé beaucoup de temps avec les Amérindiens et j’ai recueilli leurs histoires, toutes celles dont on ne parle jamais et que le monde ignore. Voilà mon processus : j’ai partagé, vécu tout cela.

Avez-vous consulté ou fait appel à des communautés amérindiennes pour créer ce film ?

Oui, j’ai envoyé le scénario aux tribus Arapahoe et Shoshone de la réserve de Wind River avant le tournage, et elles nous ont offert leur soutien. Ces Amérindiens sont venus sur le plateau et ils sont allés à Sundance. C’était extraordinaire qu’ils me fassent confiance pour raconter cette histoire.

Comment avez-vous procédé pour le casting de vos acteurs amérindiens ?

Avez-vous travaillé avec des acteurs non professionnels ou des habitants de la réserve ? Effectivement, il y en a quelques-uns. Althea Sam, qui joue Annie, l’épouse de Martin et la mère de Natalie, était une figurante pour le film. Je l’ai rencontrée sur le plateau et j’ai discuté avec elle, nous avons parlé du fait qu’elle et ses parents avaient connu des choses similaires. Alors je lui ai demandé si elle aimerait tenir ce rôle. Je l’ai prévenue que ce serait très difficile, mais elle a accepté. Elle n’était pas actrice, mais elle l’est maintenant. Elle a été sensationnelle, elle est bouleversante.

Comment avez-vous travaillé avec la tribu Tunica-Biloxi de Louisiane ?

C’était vraiment formidable. Ils ont soutenu leur film et l’ont financé. Avoir leur soutien était très important à la fois pour les producteurs et pour moi. Ils m’ont fait confiance au plan créatif et m’ont soutenu financièrement.

Vous avez remercié la tribu Shoshone orientale et la tribu Arapahoe septentrionale. Pouvez-vous nous en dire plus sur leur poids ou leur contribution au film ?

Ces deux tribus ont accueilli le film, elles y ont adhéré. Elles m’ont permis d’utiliser leur drapeau et leurs emblèmes tribaux sans contrepartie. Ces gens nous ont apporté un soutien inconditionnel pour donner vie à cet univers. Ils méritaient au minimum d’être remerciés.

Pourquoi avoir choisi d’explorer la Frontière américaine moderne dans SICARIO, COMANCHERIA et WIND RIVER ?

La Frontière américaine moderne révèle qui nous sommes en tant que peuple. C’est un pays neuf, des terres dans lesquelles l’homme s’est installé récemment, et les conséquences de cette installation et de cette assimilation se font encore énormément sentir aujourd’hui. C’est un thème qui n’avait encore jamais été pleinement exploré au cinéma et j’avais envie de le révéler.

Vous parlez de ces films comme d’une trilogie…

J’ai effectivement écrit ces trois films dans l’ordre où ils sont sortis en salles. WIND RIVER vient compléter cette trilogie.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer à la réalisation sur ce troisième chapitre, en plus de l’écriture ?

C’était à mes yeux le film sur lequel je devais réussir, ou renoncer. Je me devais d’être pleinement responsable de ce qui est dit et de la manière dont c’est dit, par respect envers le peuple dont il est question, envers mes amis amérindiens qui ont vécu et souffert des choses dont parle le film. Je ne pouvais pas prendre le risque de me reposer sur un autre réalisateur qui n’aurait pas eu la même vision que moi.

Comment décririez-vous votre approche de la mise en scène ?

Je me considère comme un cinéaste naturaliste. Le réalisme est très important pour moi. Je fais tout pour saisir le monde tel qu’il est et m’assurer qu’il soit un personnage à part entière dans mes histoires, parce qu’il l’est dans nos vies. Je m’efforce de rendre le paysage aussi présent dans les films qu’il l’est dans nos vies. 

Vous avez choisi de clore votre film en disant que l’on dresse des statistiques des personnes disparues pour tous les profils démographiques, sauf pour les femmes amérindiennes, et que personne ne sait combien ont disparu. Comment avez-vous fait cette découverte ?

J’ai mis le doigt sur ce problème en passant du temps dans la réserve, et quand on m’a raconté cette histoire, dans une certaine mesure. Quant aux statistiques, il n’en existe pas. Je n’ai pu en trouver aucune, et personne ne l’a pu. J’ai contacté le Département de la Justice, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies du Département de la Santé. J’ai appelé tout le monde. Compiler ces statistiques relève de la mission de l’État et celui-ci n’a aucune autorité sur les réserves, qui sont des territoires fédéraux. Et donc, il n’y a personne pour se préoccuper de ces disparitions et des statistiques.

Quels sont vos projets à présent ? Une autre trilogie ?


Je ne sais pas encore. Je travaille sur cette série, « Yellowstone », pour Harvey [Weinstein], c’est un projet qui m’enthousiasme beaucoup. J’ai un autre projet pour Netflix, un pour Warner et Sony, et deux ou trois autres choses en vue.  

Copyright © 2016 Wind River Productions, LLC All Rights Reserved
Textes : Pascale & Gilles Legardinier

  
#WindRiver

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